Que dirons-nous à nos enfants ?

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Chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous présenter mes vœux les plus chers pour cette année 2023. J’espère que vous arriverez à faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Je vais certainement faire un constat concernant le prix des carburants. Je partagerai également ce qu’il en ressort de mes 22 jours de grève de la faim, ainsi que mon avis sur l’aspect socioéconomique et politique du pays.

Les carburants

Le prix sur le marché mondial continue à chuter. La semaine dernière, la moyenne pour le Brent et le Brut était de $ 78 et $ 73 respectivement, soit une baisse de plus de 40 % depuis le pic de mai/juin 2022. Si cette baisse est appliquée à Maurice, l’essence devrait connaître une baisse de Rs 26 et le diesel, Rs 15. Aujourd’hui le gouvernement empoche environ Rs 47 sur un litre d’essence sous forme de duty, subsides, contributions et TVA, entre autres.

Si le peuple ne s’unit pas et ne reste pas unanime dans sa demande, le Petroleum Pricing Committee (PPC), se réunissant le 13 janvier, risque de baisser le prix par 10 % uniquement, se basant sur les critères énoncés par le Petroleum Pricing Mechanism (PPM). Le PPC avait la possibilité de se rencontrer mensuellement et aurait dû baisser le prix de 10 % à quatre reprises déjà ; septembre, octobre, novembre et décembre 2022. Nous payons aujourd’hui pour l’incompétence et les frasques de nos dirigeants.

L’électricité – le prix de notre incapacité d’intégrer l’énergie verte

Une fois de plus, la mauvaise gestion de ce secteur ne nous met pas à l’abri d’éventuelles insuffisances énergétiques et fait que le tarif d’électricité connaîtra bientôt une hausse.

L’augmentation serait due non seulement à la dilapidation des réserves du CEB, mais également à notre haute dépendance du pétrole pour la production d’électricité. Je me souviens du désintérêt du gouverne- ment suite à des propositions faites en 2015, par moi-même et quelqu’un qui occupe aujourd’hui une haute fonction dans le secteur public, pour la mise en chantier d’une ferme éolienne/photovoltaïque pour la production d’électricité. Ceci sans que le gouvernement dépense le moindre sou.

Une université canadienne était prête soit à prendre en charge l’investissement soit à mettre en place une société où les Mauriciens auraient été actionnaires. Parallèlement, l’université canadienne était prête pour un jumelage avec l’Université de Maurice afin de former des ingénieurs et des techniciens en énergies renouvelables et d’octroyer des diplômes conjoints. Nous aurions pu faire de Maurice un hub en énergie renouvelable pour l’Afrique et dans l’océan Indien.

Mais, malencontreusement, le gouvernement a fait le choix d’investir plusieurs milliards pour l’installation de quatre générateurs pour la centrale St-Louis, hypothéquant le pays pour au moins une vingtaine d’années afin d’amortir ce coût.

«Pani nahi bah! Péna dilo!» Nos réservoirs auraient pu être remplis à environ 60-70 % actuellement si…

Avec cette sécheresse persistante, nous sommes au bord d’une grosse crise si la providence ne nous envoie pas rapidement sa grâce. Clairement, la grâce présidentielle ne nous sera d’aucune utilité.

Plus de barrages et de réservoirs afin de capter l’eau auraient pu être une solution. Mais il existe une solution plus économique et rapidement implémentable. Il faut tout simplement réduire l’évaporation de l’eau. L’évaporation dans un réservoir dépend de plusieurs facteurs : surface exposée, température, vent et humidité, entre autres. Selon plusieurs études scientifiques, l’évaporation dans un réservoir représente environ 70 à 95 % de la consommation.

Extrapolant ces études et me basant sur le climat local, si l’évaporation était contrôlée, on aurait eu des réservoirs remplis à environ 60 à 70 % actuellement, au lieu de 30 % comme c’est actuellement le cas. Des «shade balls» représentent une solution économique, écologique et rapide. L’efficacité de ces boules flottantes a déjà été testée. Elles peuvent réduire l’évaporation à plus de 90 %. Je vous invite à consulter le lien ci-dessous.

https://www.pbs.org/newshour/science/ why-96-million-plastic-shade-balls-dum- ped-into-the-la-reservoir-may-not-save-water

Socio-économique et politique… «feeling good» ?

Je n’ai pas à convaincre qui que ce soit du ras-le-bol et de ce climat d’insécurité qui règne dans le pays. Les institutions ne fonctionnent plus et l’ingérence politique est à son apogée. Nous sommes arrivés à la fin d’un cycle et les choses doivent changer.

Plusieurs partis de gauche et syndicats ont fait des propositions pour une meilleure gestion de notre pays : institutions indé- pendantes, des changements radicaux de la constitution, diminuer la concentration de pouvoirs, ou encore avoir une véritable séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Les freins et contrepoids (check and balance) sont également indispensables dans toute démocratie. Ceci est quasiment inexistant à Maurice. Pire encore, le Parlement n’est qu’une facétie avec certains députés qui auraient juré allégeance au Roi soleil au lieu d’œuvrer pour le pays et leurs mandants, et une opposition impuissante devant un hautparleur ambulant.

Avons-nous le choix ?

Oui, nous l’avons. Mais nous devons simplement nous convaincre de faire le bon choix. Il suffit, au moment des élections, de favoriser un programme axé sur la relance économique et la mise en place d’une société plus transparente que de se laisser emporter par la surenchère électorale et laissant de lourdes dettes à nos enfants et petits-enfants.

Nous voulons tous le changement, mais nous ne voyons pas notre responsabilité afin d’initier ce changement. Le changement viendra quand nous, citoyens, serons prêts à prendre des décisions courageuses, et à dire haut et fort à nos politiciens ce à quoi nous aspirons. Le changement viendra quand nous serons suffisamment mûrs pour l’embrasser.

Mon souhait

Mon souhait le plus cher est que tous les partis de l’opposition arrivent à mettre de côté leur ego et s’unissent autour d’un programme solide et réalisable. Les leaders d’hier doivent se dire qu’ils n’ont plus rien à prouver. Ils ont déjà fait leurs preuves. Ils doivent aujourd’hui marquer l’histoire en laissant la place à la nouvelle génération, et être des mentors alors qu’ils sont encore en forme et vivants. Je leur adresserai très prochainement une lettre pour leur faire part de ma réflexion.

De notre côté, citoyens, tenons-nous prêts afin de faire comprendre aux décideurs, à travers nos actions futures, que nous avons notre mot à dire sur la façon dont nous souhaitons que notre pays soit géré. Durant mes 22 jours de grève, j’ai vu des Mauriciens et non pas des catholiques, musulmans ou hindous s’unir autour d’une cause commune. Saurions-nous faire autant et étouffer le démon communal à l’approche des élections ? Seul le temps nous le dira. Mais pour le moment, ce que je sais, c’est que, pour que le ciel t’aide, il faut commencer par t’aider toi-même !

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