Sud-Est l Présence de requins: la peur rôde

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Capture d’écran du requin qui aurait été aperçu dans la région de Bel-Ombre, samedi dernier.

Capture d’écran du requin qui aurait été aperçu dans la région de Bel-Ombre, samedi dernier.

Après la région de Surinam, qui se relève difficilement de l’affaire de vente de la viande de chien, c’est le Sud-Est à présent qui est en ébullition. L’attaque de requin près de l’île-aux-Flamants – lors de laquelle un pêcheur a été tué – a laissé des séquelles. Et certains internautes s’en donnent à coeur joie avec des vidéos perturbantes sur les réseaux sociaux, dont TikTok. Mais sont-elles vraies ? Les squales sont-ils plus nombreux depuis quelque temps ?

Depuis quelques jours, la vidéo d’un squale qui se balade dans une eau cristalline interpelle les internautes. Selon la personne qui l’a postée, cette séquence de quelques secondes aurait été filmée près de Bel-Ombre. «C’est une amie qui faisait son jogging qui a aperçu le requin. On peut avoir l’impression que cela ne se passe pas à Maurice, mais c’est bel et bien ici.» Quelques jours plus tôt, la vidéo des restes du corps du pêcheur attaqué par des requins près de l’île-aux-Flamants en avait choqué plus d’un. «Ces personnes ne réalisent pas l’impact que cette vidéo peut avoir sur les proches de ce malheureux pêcheur.» Et pourtant, les allées et venues de requins autour de Maurice ne datent pas d’hier, soutient Jean Alain Fanchette. Une autre vidéo, montrant des requins à Tamarin cette fois, serait «fake», la scène se déroulant en fait à Hawaii, apprend-on… 

En tout cas, selon le président de l’Association des skippers, ces squales sont beaucoup plus fréquents depuis l’introduction d’une ferme aquacole dans le Sud-Est. «Cela attire les requins. Plusieurs fois, nous avons évoqué ce problème. Nous étions contre ce projet à cause de cela.» Il dit avoir noté que certains requins s’aventurent même en bordure de côte. «Ils passent près de la passe, puis ils regagnent les profondeurs.» Jean Alain Fanchette ne veut pas que l’île ressemble à l’île soeur où les requins ont déjà attaqué des nageurs ou surfeurs. «Nous n’avons pas de requin blanc à Maurice, mais le requin-tigre et le requin-bouledogue sont présents. Certes, ils n’attaquent pas sans raison. Il faut qu’ils sentent l’odeur du sang provenant d’une blessure.» 

Notre interlocuteur espère que l’attaque dont a été victime ce pêcheur – déjà une de trop – fera réagir le gouvernement. «Il faudrait que les autorités organisent une rencontre avec les vieux pêcheurs et personnes qui organisent des activités nautiques pour en parler. J’imagine qu’un de mes clients, faisant du snorkeling, se fasse attaquer. Comment voir le corps à moitié déchiqueté devant soi ? Moralement, cela va nous affecter.» D’autant plus que des catamarans organisent des séances de plongée non loin de l’île-aux-Flamants, à un kilomètre du lieu où le pêcheur a été attaqué. 

Faute professionnelle 

Selon Prem Beerbaul, président de la Fédération des plaisanciers, hormis le parc à poissons, le climat attire les requins et dauphins, surtout en cette saison. «Dans le cas de ce pêcheur, peut-être qu’une faute professionnelle a aussi été commise par ceux qui étaient dans l’embarcation. Il y avait peut-être trop de poissons et leur sang a attiré les requins.» Prem Beerbaul, homme de la mer, avoue que des attaques ont déjà eu lieu dans cette région. «Mais la chance a été du côté de ceux visés. Ils ont pu y échapper.» Dans la même ligne de pensée que Jean Alain Fanchette, il confie que les requins n’attaquent pas sans raison. Et il tient à rassurer les visiteurs que plonger et faire du snorkeling ne comportent aucun risque. «Ces attaques se passent en dehors du lagon.» 

Toutefois, le président de la Fédération des plaisanciers demande aux autorités d’être plus à l’écoute de ceux qui vivent du travail lié à la mer. «Nous avons fait une demande au ministre du Tourisme, voilà plus de huit ans, pour qu’il mette des flotteurs de couleur en mer pour limiter les zones de baignade et de plongée pour admirer les coraux. En même temps, le plongeur et ceux sur le bateau sont protégés. Les autres bateaux ne peuvent pas passer dans cette zone protégée.» En tout cas, Prem Beerbaul demande une fois de plus aux autorités de faire des patrouilles régulières dans ce périmètre. «Cela arrangerait tout le monde…» 

Car personne ne veut revivre, une fois de plus, ces scènes atroces.

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