Sommet États-Unis–Afrique: Place aux enjeux globaux

Avec le soutien de
Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud, et son homologue américain.

Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud, et son homologue américain.

* Les discussions bilatérales au second plan

“Africa will shape the future – not just the future of the African people, but of the world. Africa will make the difference in tackling the most urgent challenges and seizing the opportunities we all face. I look forward to working with African governments, civil society, diaspora communities, and the private sector to continue strengthening our shared vision for the future of U.S.-Africa relations.” Joseph R. Biden, President of the United States.

Contrairement au Soudan, au Mali, à la Guinée et au Burkina Faso, 49 pays, dont Maurice, ont été invités à participer au Sommet des dirigeants États-Unis–Afrique, qui se tiendra à Washington, DC, du 13 au 15 décembre. L’objectif est de rappeler «l’engagement durable des États-Unis envers l’Afrique», et de souligner «l’importance des relations américano-africaines et d’une coopération accrue sur les priorités mondiales partagées». Dans une déclaration avant le sommet, le président Joe Biden a souligné qu’«il se réjouit de travailler avec les gouvernements africains, les organisations de la société civile, les communautés de la diaspora africaine et le secteur privé pour continuer à renforcer notre vision commune de l’avenir des relations américano-africaines».

Le sommet États-Unis–Afrique sera axé sur les défis mondiaux et aucune question bilatérale, telle que la base militaire de Diego Garcia, ne sera à l’ordre du jour. Selon des responsables américains, «les dirigeants africains qui feront le déplacement ne devraient pas s’attendre à une rencontre en tête-à-tête avec Biden». En raison de l’ordre du jour chargé du sommet de trois jours, on craint que les réunions bilatérales ne créent davantage de frustration étant donné que plusieurs demandes de rencontre ont été formulées. Les participants pourront engager des discussions lors des pauses-café, du dîner des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que lors des réunions parallèles, mais ces discussions resteront largement informelles.

Pour Peter Pham, ancien haut fonctionnaire du département d’État américain, «il y a un risque majeur que certains dirigeants africains qui ont parcouru des milliers de kilomètres concluent que les États-Unis ne se soucient pas autant de leur pays que la Chine – et que les States préfèrent les traiter comme un bloc plutôt que comme des gouvernements individuels. Nous n’organiserions pas un sommet avec une autre région du monde comme celui-ci.» Pham comparait le calendrier actuel du présent sommet avec les précédents sommets de l’équipe Biden avec les dirigeants latino-américains et asiatiques.

En effet, il existe une réelle soif d’échanges entre l’administration américaine et le reste de l’Afrique. «De nombreux problèmes ont été laissés en suspens sur le continent par le précédent gouvernement Trump. Comme nous le savons tous, Trump a montré peu d’intérêt et un certain manque de respect envers l’Afrique ; il n’a pas mis les pieds sur le continent», a déclaré un officier supérieur du Département américain à l’express. «L’Afrique n’a pas d’importance pour Trump, d’autant plus que la communauté afroaméricaine et la diaspora africaine ne font pas partie de sa base politique. Sa fameuse et désormais malheureuse déclaration sur les pays africains et les restrictions sur les visas d’entrée pour les citoyens des pays à majorité musulmane ont laissé un goût amer», rappelle Jeff Hawkins, ancien ambassadeur des États-Unis à Bangui, et aujourd’hui chercheur associé à l’IRIS.

Selon Politico, ne pas allouer de temps aux réunions en face-à-face prive Biden d’une opportunité de tirer parti de ce contact rapproché avec les dirigeants africains afin de séduire ces pays où la Chine est le principal mécène étranger. «C’est un coup de pouce majeur pour les chefs d’État africains que de diffuser leurs photos avec le président américain sur les médias locaux. C’est bon pour leur image.»

Carlos Lopes, professeur à la Nelson Mandela School of Public Governance de l’Université de Cape Town et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a ajouté : «Ce sommet est un exercice géopolitique, c’est une photo op.»

Converger vers des valeurs communes

Le Sommet des dirigeants États-Unis–Afrique misera sur des valeurs communes afin de :

  • Favoriser un nouvel engagement économique ;
  •  Faire progresser la paix, la sécurité et la bonne gouvernance ;
  • Renforcer l’engagement en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de la société civile ;
  • Travailler en collaboration pour renforcer la sécurité sanitaire régionale et mondiale ;
  •  Lutter en faveur de la sécurité alimentaire ;
  • Répondre à la crise climatique ;
  • Renforcer les liens avec et entre la diaspora africaine ;
  •  Promouvoir l’éducation et le leadership des jeunes.

Préoccupations pour la démocratie et les droits humains

Le premier sommet des dirigeants États-Unis–Afrique a eu lieu en 2014, sous l’administration du président Obama, annonçant et engageant de nouveaux acteurs du secteur privé à investir et à s’associer avec les pays africains dans les domaines de l’énergie, des services financiers, du changement climatique, de la sécurité alimentaire et des soins de santé, entre autres. Le sommet de cette année devrait donner priorité à des questions similaires, tout en mettant encore plus l’accent sur les initiatives bilatérales en matière de commerce et d’investissement.

Le sommet comprendra de nouvelles initiatives pour accroître l’engagement des ÉtatsUnis avec la zone de libre-échange continentale africaine, ainsi que des initiatives pour stimuler la reprise du continent après la pandémie, renforcer la sécurité alimentaire et promouvoir l’investissement dans les projets d’infrastructure, de santé et d’énergies renouvelables, entre autres priorités. Le forum comprendra également des interactions avec la société civile, des réunions multilatérales entre le président Biden et les chefs d’État africains, des réunions au niveau des secrétaires de cabinet pour le commerce, l’énergie et la diplomatie, et une série de réunions axées sur l’AGOA. L’administration Biden devrait également réitérer la nécessité pour les gouvernements africains de répondre aux préoccupations en matière de démocratie et des droits humains.

Journée de la société civile

La journée spéciale dédiée à la société civile, qui se tiendra le 13 décembre, comprendra les éléments suivants :

  •  Forum des jeunes leaders africains et de la diaspora africaine – Ce forum vise à augmenter l’engagement de la diaspora pour renforcer le dialogue entre les responsables américains et la diaspora africaine aux États-Unis et fournira une plate-forme aux jeunes leaders africains et de la diaspora.
  •  Réunion ministérielle sur la croissance et les opportunités en Afrique - la réunion ministérielle sera organisée par la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, avec les ministres du commerce et les hauts fonctionnaires de l’Afrique subsaharienne.
  •  En outre, une journée commerciale prévue le 14 décembre 2022 comprendra le Forum des affaires, organisé par le Département américain du commerce, la Chambre de commerce américaine et le Corporate Council on Africa, en partenariat avec Prosper Africa Initiative. Le forum se concentrera sur la promotion d’un partenariat de commerce et d’investissement qui renforcera le rôle du continent dans l’économie mondiale, en développant l’innovation et l’entrepreneuriat et en stimulant les progrès dans les secteurs-clés. Il y aura aussi des «Deal Rooms» qui parleront des engagements pris par les entreprises américaines qui s’associent à l’Afrique. 
  • Une journée des leaders est prévue le 15 décembre. La journée des leaders comprendra des réunions gouvernementales et des événements pour les délégations des pays en visite.

Challenges transnationaux

  •  Lutte contre la corruption et transparence ;
  • Maîtrise des armements et non-prolifération ;
  •  Climat et environnement ; crise climatique ;
  •  Lutte contre la drogue et le crime ;
  • Combat contre le terrorisme ;
  •  Récupération post-Covid-19 ;
  •  Cyber-problèmes, dont le cyber-harcèlement ;
  • Désarmement ;
  •  Prospérité économique et politique commerciale
  •  Énergie
  •  Santé mondiale ;
  •  Problèmes des femmes de par le monde ;
  •  Réclamer des comptes à la Russie et à la Biélorussie ;
  •  Droits humains et démocratie ;
  •  Traite des êtres humains ;
  •  L’océan et les affaires polaires ;
  • Aide aux réfugiés et humanitaire ;
  •  Sciences, technologie et innovation ;
  •  Traités et accords internationaux ;
  • Solidarité avec l’Ukraine.
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