Saturation de Mare-Chicose - Réduire les déchets à la source: une utopie ?

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Un incendie s’est déclaré à Mare-Chicose, le 22 novembre.

Un incendie s’est déclaré à Mare-Chicose, le 22 novembre.

Avec la saturation du site d’enfouissement de Mare-Chicose et l’incendie qui s’est déclaré le 22 novembre, la question de réduction des déchets mérite d’être posée. L’écologiste Adi Teelock explique que les producteurs devraient être les premiers concernés. «Ils doivent être responsables de ce qu’ils commercialisent : c’est le principe de la Responsabilité élargie du producteur (REP) ou du “producteur pollueur”.» Avant même sa production, la conception d’un produit doit intégrer le principe du moindre déchet (l’écoconception). «La vraie efficience se mesure à l’aune de ce critère aussi.»

Quid des consommateurs ? «Dire que chaque Mauricien envoie X kilo de déchets par jour à Mare-Chicose est extrêmement trompeur. Les plus gros consommateurs produisent le plus de déchets et sont souvent ceux qui peuvent davantage choisir leur mode de consommation et leurs pratiques.» Selon la militante écologiste, 60 % des déchets enfouis à Mare-Chicose sont organiques (jardin, cuisine, alimentation fraîche des supermarchés, food courts). Donc, les plus grands propriétaires d’espaces verts privés et publics et les ménages à grande consommation qui ne pratiquent pas le compostage sur place envoient le plus de déchets à Mare-Chicose.

«De manière générale, il faudrait que chaque Mauricien adopte un mode de consommation responsable dont un des piliers est le refus du consumérisme, du superflu, et du jetable, que ce soient des bouteilles PET ou récipients en carton que l’on jette après utilisation.»

«Une question de volonté»

La députée du MMM Joanna Bérenger abonde dans le même sens. Chaque consommateur a un rôle à jouer. «En évitant d’acheter du neuf pour acheter du seconde main, on contribue ainsi à une économie circulaire.» Cependant, fait-elle ressortir, la réduction des déchets est aussi l’affaire des entreprises. Par exemple, produire des bouteilles en verre au lieu du plastique et revenir au système de consigne. Mais c’est le gouvernement qui doit «prendre les grandes décisions et donner une direction. (...) C’est vraiment une question de volonté.»

Fabrice David, député du Parti travailliste, estime que pour réduire les déchets, il faut en produire moins, limiter les emballages, opter pour des produits réutilisables ou composter les déchets alimentaires. «Les deux premiers ‘R’ (Réduire et Réutiliser) n’étant pas toujours possibles par notre mode actuel de production et de consommation, un troisième ‘R’ doit entrer en jeu : Recycler. Et cela passe obligatoirement par un tri sélectif : papiers, métaux, plastiques et verres.» Il faudra alors mettre des poubelles ou bacs de tri à la disposition du public, des collectivités et des entreprises. «Et l’accompagner de filières de recyclage des matériaux.» Il estime que toute l’industrie du déchet doit être repensée en nouveau secteur économique.

«Mais osera-t-on s’attaquer au consumérisme à l’origine de nos maux environnementaux, mais aussi sociaux et économiques ?» se demandait le Dr Khalil Elahee, expert en environnement, dans la rubrique Tribune de l’express du 29 novembre. «Nous sommes tous responsables de plus de 500 000 tonnes de déchets solides produits chaque année. Imaginons chacun de nous devant porter sur lui 1 kg additionnel d’ordures à son compte chaque jour de sa vie.»

La roadmap du secteur énergétique prévoit bien un projet Waste-to-Energy d’ici 2029, par des mesures comme le tri sélectif et le compostage, dit-il, «mais y aura-t-il la volonté de réduire tout simplement et de façon drastique la production de déchets» ?

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