Cinq choses à savoir sur le scandale Wirecard

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Le procès de l'ancien patron de la société financière allemande Wirecard, soupçonné de fraudes multiples, s'ouvre jeudi prochain à Munich.

Voici cinq choses à savoir sur l'ex fleuron de la finance numérique dont la chute rappelle celle du géant américain de l'énergie Enron au début des années 2000.

Porno et jeux d'argent

Fondée en 1999 près de Munich, Wirecard explore d’abord le sillon, délaissé par les banques traditionnelles, des paiements en ligne, en comptant parmi ses clients des sites de pornographie et de jeux d'argent. Une activité peu rentable mais qui lui permet de survivre à la crise des «dotcoms».

Des gains de clients dans de multiples secteurs, de l’hôtellerie à la pharmacie, font rapidement grossir la «fintech» bavaroise.

L'ingénieur informaticien Markus Braun en prend la tête en 2002 pour accélérer la croissance, en créant une activité bancaire et rachetant de plus petites sociétés de paiement, notamment en Asie.

Longtemps choyée en Bourse

La croissance rapide, saluée par des notes positives d'analystes, va propulser Wirecard en 2018 au sein de l'indice boursier Dax, le gotha des valeurs allemandes.

La capitalisation boursière, alors proche de 25 milliards d'euros, dépasse celle du mastodonte Deutsche Bank.

Jusqu'à ce que les auditeurs d'EY refusent de certifier les comptes de 2019 : un fait unique dans l'histoire du Dax qui a scellé le sort de la jeune entreprise.

Rideau de fumée

M. Braun et d'autres prévenus se voient reprocher d'avoir gonflé les états financiers entre 2015 et 2018 en incluant les revenus de «tiers-acquéreurs» à l'étranger censés réaliser des paiements pour Wirecard.

Or les transactions transitant par ces tiers comme «Al Alam Solutions» à Dubaï, «PayEasy» aux Philippines et «Senjo Payments» à Singapour, «n'existaient pas réellement» selon les procureurs. Mais leur contribution aux bénéfices déclarés de Wirecard sera substantielle.

Découvrant qu'à l'adresse de «PayEasy» à Manille ne figurait qu'un logo accolé à celui d'une compagnie de bus, «Froehlich Tours», le journaliste d'investigation du Financial Times, Dan McCrum, en conclut que «rien de tout cela n'est réel», que «c'est juste un bluff incroyable», dans un documentaire de Netflix.

Un superviseur aveuglé

Le scandale Wirecard a éclaboussé le superviseur allemand des marchés financiers (Bafin), placé sous la tutelle du ministère des Finances.

«La politique doit s'assurer que la supervision fonctionne», or «il y a eu des carences», déclare Volker Brühl, professeur au Center for Financial Studies à Francfort.

On était pas prêt à «admettre que des fraudeurs étaient à l'œuvre chez Wirecard», explique-t-il.

Les signaux reçus d'investisseurs et de lanceurs d'alerte sur les pratiques comptables et commerciales douteuses de l'entreprise resteront sans effet.

Si la Bafin a réagi, c'est en se plaçant en défenseur des intérêts de Wirecard.

Début 2019, elle interdisait temporairement de spéculer à la baisse sur le titre après de nouveaux soupçons de malversations.

Plus tard, l'autorité déposait plainte pour suspicion de manipulation de marché contre deux journalistes du Financial Times, à l'origine de révélations accablantes.

La chute de Wirecard a entraîné le renvoi de l'ancien patron de la Bafin et abouti à une réforme de l'autorité.

Fiction?

La saga Wirecard a donné naissance à une multitude d'articles, de livres, de documentaires et d'un film mettant en vedette l'acteur allemand populaire Christoph Maria Herbst.

Dans le documentaire de Netflix «Skandal! Bringing Down Wirecard», ("Scandale! Faire tomber Wirecard") Dan McCrum raconte son enquête acharnée à partir du moment où un ex-employé lanceur d'alerte lui a remis une liasse de documents secrets.

Mais la partie la plus captivante de l'histoire de Wirecard repose sur Jan Marsalek, l'ex-bras droit de M. Braun dénoncé comme le principal fraudeur. Licencié dès l'éclatement du scandale, l'homme aux huit passeports a pu quitter l'Allemagne sans être inquiété un jour plus tard, le 18 juin 2020, et reste depuis en fuite.

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