Mondial-2022: Stéphanie Frappart, une soirée pour l'histoire

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L'arbitre française Stéphanie Frappart lors du match du Mondial masculin entre l'Allemagne et le Costa Rica, le 1ᵉʳ décembre 2022 à al-Khor.

L'arbitre française Stéphanie Frappart lors du match du Mondial masculin entre l'Allemagne et le Costa Rica, le 1ᵉʳ décembre 2022 à al-Khor.

Scénario de folie mais match sans histoire pour une soirée qui fera date: la Française Stéphanie Frappart est devenue jeudi le 1ᵉʳ décembre, la première femme à arbitrer en Coupe du monde masculine, officiant lors de l'élimination de l'Allemagne malgré sa victoire sur le Costa Rica (4-2).

Une première gérée sans accroc par la Française, malgré un problème d'oreillette apparent en fin de rencontre au moment de valider le quatrième but allemand inscrit par Niclas Füllkrug (89e). Une fois ce problème réglé, le but a été validé, comme celui du 2-1 marqué par le Costaricien Juan Pablo Vargas (70e).

Certes, une décision sera sans doute très commentée. Toutefois ce n'est pas la sienne, mais celle de son collègue sud-africain Victor Gomes, qui officiait à une cinquantaine de kilomètres de là, dans l'autre match du groupe, Japon-Espagne: sa décision de valider le but d'Ao Tanaka alors que le ballon semblait être préalablement sorti a expulsé l'Allemagne des places qualificatives.

Il n'y aura en revanche pas de controverse sur la prestation de Stéphanie Frappart qui, sur la pelouse d'al-Bayt, a distribué un unique carton jaune au défenseur des «Ticos» Oscar Duarte, coupable d'un contact en retard sur Jamal Musiala (77e).

Elle était assistée par deux autres femmes, la Brésilienne Neuza Back, diplômée en éducation physique, et la Mexicaine Karen Diza Medina, ingénieure agronome de formation. L'Américaine Kathryn Nesbitt officiait à la VAR.

Deux autres femmes, la Rwandaise Salima Mukansanga et la Japonaise Yoshimi Yamashita, ont été retenues parmi les 36 arbitres de champ du Mondial-2022 au Qatar.

Plus une surprise

Première arbitre en deuxième division française (2014) puis en Ligue 1 masculine (2019), en Supercoupe d'Europe (août 2019), en Ligue des champions (décembre 2020) et en finale de Coupe de France (7 mai 2022), Frappart, 38 ans, est habituée à ce rôle de pionnière.

«Depuis 2019, on a fait un grand pas en avant, estimait en septembre celle qui a aussi officié comme quatrième arbitre pour deux rencontres de la phase de groupes (Mexique-Pologne et Portugal-Ghana). Maintenant, ce n'est plus une surprise de voir des femmes arbitrer des hommes, quel que soit le continent ou le pays.»

«Elles n'ont pas été choisies parce qu'elles sont des femmes mais des arbitres Fifa. Elles pourraient arbitrer n'importe quel match», a pour sa part commenté le président de la Commission des arbitres, Pierluigi Collina.

C'est la situation «la plus normale du monde», abondait le défenseur allemand Lukas Klostermann avant la rencontre. «Ça souligne bien ce que les femmes ont accompli, leur détermination à faire plus de choses dans un sport qui est très machiste», ajoutait le sélectionneur costaricien Luis Fernando Suarez.

Frappart, elle, a «toujours milité pour que (les femmes arbitres) soit prises en compte pour (leurs) compétences et pas forcément pour (leur) genre». Plutôt qu'un accomplissement personnel, elle préfère voir dans sa sélection pour ce Mondial «la valorisation de l'arbitrage français».

«C'est aussi un signe fort de la Fifa et des instances de faire arbitrer des femmes» au Qatar, critiqué pour ses atteintes aux droits humains, ajoutait-elle en septembre. «Je ne suis pas porte-parole féministe mais si cela peut faire avancer des choses...»

Mais récent et rare

L'ancienne joueuse de l'AS Herblay, en région parisienne, arbitre depuis ses 13 ans. «Au début, ça reste par passion», explique celle qui «n'avai(t) pas en ligne de mire la Ligue 1 ou quelque compétition que ce soit».

Christophe Galtier, alors entraîneur de Lille, a loué sa «diplomatie» en 2019. «Elle a une petite voix mais elle a du charisme», a également décrit le milieu de terrain Pierre Bouby, qui l'a côtoyée en Ligue 2 avec Orléans.

Trouver une femme à la direction d'un match d'hommes est récent et rare, du haut niveau aux amateurs.

Dans les grands championnats européens, la pionnière fut l'Allemande Bibiana Steinhaus, arbitre en Bundesliga entre 2017 et 2021.

En France, les femmes arbitres ne sont qu'un millier, soit 4% du contingent, selon des chiffres de la Fédération française de football (FFF).

L'ascension de Frappart est le couronnement d'un plan de professionnalisation des arbitres féminines d'élite lancée par la FFF en janvier 2019.

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