Black week-end: le porte-monnaie dans un trou noir

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Si le Black week-end est une occasion pour certains de faire de bonnes affaires, gardez les yeux ouverts pour ne pas tomber dans des pièges à rat.

Si le Black week-end est une occasion pour certains de faire de bonnes affaires, gardez les yeux ouverts pour ne pas tomber dans des pièges à rat.

Des soldes avant les soldes. Discount du dernier week-end de novembre avant les promos de Noël et du Nouvel An. C’est aujourd’hui le dernier jour du Black week-end. Des brochures aux vitrines en passant par les écrans de téléphone, les chiffres n’ont cessé de défiler. Des offres à -70 %, -80 % sur les produits. De l’électroménager aux vêtements en passant par la déco et même de la nourriture au rabais en supermarché.

Vendredi, le métro a même étendu ses heures d’opération jusqu’à 22 h 30. Et des centres commerciaux restent ouverts ce week-end pour du late nite shopping. Vendredi en début de soirée, des automobilistes ont observé un embouteillage à hauteur du Bagatelle Mall. Mais hier à la mi-journée, dans la capitale, pas de mouvement de foule inhabituel. Parmi les raisons évoquées : «Lapey pankor versé.» Si des fonctionnaires interrogés confirment que leur salaire s’affiche bien dans leur compte en banque, ce n’est pas le cas de toutes les autres catégories de salariés, dont ceux du privé…

Après Halloween, voici encore une tradition importée d’Amérique, le Black Friday prolongé en Black week-end. Mais gare aux soldes qui coûtent bonbon. «Dans cette société de surconsommation, nous avons une approche très euro-centrée», analyse Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM). En clair : nous finissons par copier ce qui se pratique en Europe (la France par exemple a importé Halloween et le Black Friday des States).

À l’origine, l’objectif est de liquider des stocks avant l’arrivée de nouveaux produits pour Noël. Mais avonsnous copié le pouvoir d’achat ? Chez nous, il y a différentes catégories de consommateurs. Les très aisés pour qui payer n’est pas un problème. La classe moyenne élevée, «ki pou dépansé» mais en faisant attention à la conjoncture. Et les plus nombreux, ceux au bas de l’échelle. S’il est vrai que certains consommateurs trouvent que «grâce au Black week-end ils feront des affaires intéressantes, ils finissent souvent par acheter des choses dont ils n’ont pas besoin. Parski li bomarsé», note Jayen Chellum.

Bomarse kout ser. Au-delà du dicton, à l’ACIM, on souligne qu’il n’y a pas de vérification des prix. Est-ce que ceux affichés avant les soldes par tous les commerçants sont bien ceux qui étaient pratiqués avant le Black week-end ? «Ce qui nous différencie des autres pays c’est qu’il y a à l’étranger des lois où c’est illégal d’afficher un prix qui n’est pas celui qui était pratiqué. Mais à Maurice, tel n’est pas le cas. Ce serait compliqué d’aller prouver qu’une publicité est mensongère. L’inspectorat du ministère du Commerce ne vérifie pas les prix.»

Si la prise de conscience poussant vers un ralentissement de la consommation – en limitant par exemple les emballages en plastique – à cause du changement climatique fait son bout de chemin dans de nombreux pays, cela reste marginal chez nous, estime Jayen Chellum. «C’est toute une éducation à faire». Jusqu’à ce que Maurice importe cette fois le Green Friday, un jour pour penser à la biodiversité.

Terre à terre, le secrétaire général de l’ACIM se demande : «Est-ce qu’avec le prix actuel de l’essence, cela vaut-il la peine de rester bloqué avant de pouvoir arriver au centre commercial ?»

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