Ancienne prison centrale: des faits derrière les barreaux

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Gros plan de la fissure du mur d’enceinte de l’ex-prison centrale.

Gros plan de la fissure du mur d’enceinte de l’ex-prison centrale.

Une fissure bien visible. Un pan de mur de l’ex-prison centrale à Port-Louis a subi les assauts du violent cyclone Batsirai en février de cette année. En mars, la rue Georges Guibert est fermée à la circulation. En novembre, des développements sont attendus. Ce qui était la plus grande prison de l’époque coloniale britannique attend le verdict.

Combien de piétons s’y sont laissé prendre ? Ils s’engagent dans la rue George Guibert, qui longe la Cour suprême mais à mi-hauteur, ils doivent rebrousser chemin. La rue est barrée pour raisons de sécurité. C’est qu’une fissure bien visible lézarde le mur de l’ancienne prison centrale.

Cela fait huit mois depuis que cette rue est fermée à la circulation parce qu’un pan de mur menace de s’effondrer. Quelles actions ont été prises depuis la fermeture de la route à la circulation? Hier, le lord maire, Mahfooz Moussa Cadersaib nous a seulement dit qu’il rentre d’une mission de 10 jours et qu’il devait se renseigner sur le dossier.

La rue Georges Guibert est fermée à la circulation depuis mars dernier pour raisons de sécurité.

Le site est sous la responsabilité du bureau de l’Attorney General. Pour sa part, le ministre des Collectivités locales a indiqué dans une réponse parlementaire le 5 avril dernier que «le 1er avril, la mairie de Port-Louis a demandé au bureau de l’Attorney General de prendre les mesures appropriées soit pour démolir soit pour réparer le mur». Des précisions sont attendues. Un appel d’offres a-t-il bien été lancé pour réparer cette structure qui bien qu’historique n’est pas inscrite sur la liste du patrimoine national ?

Cette partie de l’ancienne prison a été transformée en bureaux pour le ministère des Arts et du patrimoine culturel.

Le 5 avril dernier, le député travailliste Osman Mahomed soulève la question au Parlement. Il demande au ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo, ce que la municipalité de Port-Louis compte faire après que la police a constaté une fissure le long du mur d’enceinte de l’ancienne Cour suprême. Constat établi après le passage du violent cyclone Batsirai en février de cette année. En sus des fissures, des pierres se sont aussi détachées du mur d’enceinte situé à l’angle des rues George Guibert et La Poudrière.

Des préposés du ministère de l’Infrastructure nationale se sont rendus sur place le 7 mars et il a été demandé à la mairie de fermer la rue George Guibert avec effet immédiat. A ce jour, une clôture en tôle galvanisée barre toujours l’accès de cette rue pavée, côté cathédrale. Et un barrage a été installé côté La Poudrière.

Un couloir sépare l’ancienne Cour suprême de l’ancienne prison.

Réaction patrimoine national ou pas ?

Suite à la question parlementaire d’avril, Armaan Shamachurn, président de SOS Patrimoine en péril, avait plaidé en faveur de la réutilisation de l’ancienne prison centrale. «Ce n’est pas logique que le ministère des Arts et du patrimoine culturel loue des locaux dans le Renganaden Seeneevassen Building quand tout un bâtiment historique aurait pu être rénové.» Il est allé plus loin en contestant l’affirmation du ministre des Collectivités locales selon laquelle cette ancienne prison ne serait pas inscrite sur la liste du patrimoine national. «La liste du patrimoine national comprend les bâtiments de l’ancienne Cour suprême. De ce fait, le mur d’enceinte de l’ex-Cour suprême qui longe l’angle des rues George Guibert et La Poudrière devrait aussi être considéré comme un patrimoine comme c’est généralement la pratique.»

Pan d’histoire. L’ancienne prison centrale renferme une part de Port-Louis

C’est l’historien Satyendra Peerthum qui nous renseigne sur l’histoire de l’ancienne prison centrale. Il est l’auteur de The Old Prison Building of Port-Louis & its prisoners, c. 1836-1953. Il écrit que la construction de la «plus grande prison de l’île durant la période coloniale britannique» démarre en janvier 1839. La prison accueille ses premiers pensionnaires en 1840. «Avec environ 300 prisonniers, elle était déjà en surpopulation.»

Le bâtiment a été agrandi avec 48 nouvelles cellules, incluant l’échafaud où des condamnés à morts étaient pendus. «La population carcérale évolue. D’une majorité d’anciens esclaves et d’apprentis, on y voit des travailleurs engagés et d’anciens immigrants. Parmi eux, 20 % sont des femmes.»

Satyendra Peerthum rappelle qu’entre 1946 et 1952, les prisonniers sont transférés de Port-Louis vers la nouvelle prison centrale à Beau-Bassin. Les derniers condamnés exécutés à Port-Louis le 23 février 1952 sont Noël Jérôme Juillet (Pic Pac), Paul Célestin (Paul Le Fou) et France Edwin Cangy (Le Roi). La structure aux épais murs en pierre taillés ferme définitivement ses portes en 1953. En 2014, une partie des cellules a été convertie en bureaux pour le ministère des Arts et du patrimoine culturel. La cour sert de parking. Mais le reste de l’ancienne prison centrale est à l’abandon depuis sa fermeture il y a de cela 69 ans.

Satyendra Peerthum signale qu’il y a 20 ans, en 2002, des recherches historiques sur l’ancienne prison ont été officiellement commandées. A l’époque déjà, il avait été recommandé d’en faire un complexe multi-usage avec un musée. Proposition restée lettre morte. 

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