Négligence médicale alléguée: Saivaani, 10 ans, rêvait d'être avocate

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De g. à dr., Tejashwini,Chitrateja Lakshmi et Saivaani Aunatooa, qui malgré la grande différence d’âge entre elles, étaient soudées.

De g. à dr., Tejashwini,Chitrateja Lakshmi et Saivaani Aunatooa, qui malgré la grande différence d’âge entre elles, étaient soudées.

Malgré son jeune âge, soit dix ans, Saivaani Aunatooa, décédée à l’hôpital dans des circonstances douteuses, le mercredi 23 novembre, , s’intéressait au droit. Elle avait d’ailleurs demandé à sa grande sœur Tejaswini de se renseigner à propos des études de droit. C’est ce qu’a confié cette dernière à l’express.

Ce décès considéré comme une négligence médicale par ses proches, a été rapporté au poste de police des Casernes centrales, le 23 novembre. C’est le père de la gamine défunte, Rajcoomar Aunatooa, 51 ans, un habitant de St-Pierre, qui a porté plainte. Il a raconté dans sa déposition comment sa fille Saivaani est morte après avoir subi une chirurgie de l’appendice à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo. Elle y avait été admise pour une douleur à l’abdomen. Après le diagnostic du médecin, il fallait qu’elle subisse une opération de l’appendice. A l’issue de cette intervention, elle a été admise en salle. Elle était accompagnée de sa mère, qui était aux petits soins avec elle. Ses parents estiment qu’elle n’a pas reçu le traitement approprié lors de son transfert dans la salle après la chirurgie et que les infirmiers de service n’ont pas pris les mesures appropriées alors que leur enfant vomissait. Ils auraient tardé à avertir le médecin traitant de la détérioration de l’état de santé de leur fillette.

Les grandes sœurs de Saivaani Aunatooa, Tejashwini et Chitrateja Lakshmi, respectivement âgées de 18 et 20 ans, n’arrivent pas à croire qu’elles ont perdu celle qui était le bout en train de la famille. Elles expliquent que le dimanche 20 novembre, avant que Saivaani ne se sente mal, elles avaient répété un chant religieux. C’était «Sai my Lord, its your birthday» qu’elles allaient chanter pour l’anniversaire de Sri Satya Sai Baba, le 23 novembre.

Tejashwini Aunatooa ne se fait pas à l’idée qu’elle ne reverra plus jamais sa sœur. «Elle était la joie, l’énergie de cette maison. Malgré notre différence d’âge, nous étions très proches. Elle se comportait comme une adulte et était très responsable. Elle aimait la famille, les enfants. Elle a commencé à chanter à l’âge de trois ans. Nous avions enregistré une vidéo ensemble dimanche avant qu’elle ne commence à avoir des douleurs au ventre. Dans cette vidéo, je suis à la guitare et elle chante avec Chitrateja Lakshmi.»

Elle ajoute qu’elles étaient très complices et que leur passion commune était les chants religieux. «Je viens de commencer à travailler. Je lui avais promis que j’allais l’emmener manger une pizza et que j’allais lui acheter tous les gâteaux qu’elle veut avec ma première paie. Mais désormais, je ne pourrais plus tenir ma promesse.»

Une enfant studieuse

Malgré ses dix ans, Saivaani répétait qu’elle serait avocate lorsqu’elle serait grande. «Elle voulait être avocate. Elle m’avait demandé de me renseigner auprès de mes amis pour savoir quelles études faire pour devenir avocate. Comme mon père est policier, elle voulait que ce dernier l’aide à réussir. Elle était très appliquée dans ses études. Elle me regardait apprendre et comme j’avais l’habitude de mettre mes notes sur le mur afin de réviser, elle faisait de même pour ses révisions. Quand je me réveillais tôt pour apprendre, elle me demandait de la réveiller aussi. Des fois, il m’arrivait d’oublier et à son réveil, elle n’était pas contente.» Malgré leur chagrin, les sœurs aînées de Saivaani estiment qu’elle est bien là où elle est partie. Chitrateja Laxmi, qui est très réservée malgré qu’elle soit l'aînée, dit que c’est sa jeune sœur qui l’encourageait dans tout ce qu’elle faisait. «Ma sœur n’avait peur de rien. Lorsque nous chantions ensemble les bhajans (NdlR : chants religieux), pour me donner du courage, elle me serrait la main lors des sessions de chant. Elle avait une belle voix et était très sociable. Elle me disait toujours qu’il fallait que je m’ouvre davantage aux autres. Elle savait trouver les mots pour m’encourager

Elle savait que Saivaani souffrait en silence le dimanche 20 novembre lorsqu’elles répétaient les chants religieux. Mais la gamine n’en laissait rien paraître. «C’est au moment où elle ne pouvait plus supporter la douleur qu’elle s’est rendue dans la chambre de ma mère pour lui dire qu’elle avait mal à l’abdomen. Pour nous, c’est une grande âme qui s’en est allée car elle était comme un ange dans la famille. Maman pouvait compter sur elle, y compris pour les tâches ménagères.»

Saiwaani était incollable en chant védique et ne ratait aucune prière. «Personne ne pourra la remplacer dans notre cœur», disent ses deux sœurs aînées.

Par ailleurs, Parvatee Aunatooa, leur mère, raconte que Saivaani était une enfant hors du commun. «Elle était née avec le cœur à droite mais après des examens cliniques, les médecins m’ont dit qu’elle était normale et qu’elle pouvait tout faire comme n’importe quel autre enfant. Mais d’un autre côté, elle était différente des autres enfants de son âge car elle se comportait comme une adulte et était très responsable et très studieuse. Elle était toujours première de sa classe. Et puis, elle avait le cœur sur la main. Elle partageait toujours son déjeuner avec d’autres enfants.»

Saivaani lui disait toujours : «Ma, I am so lucky to be born in this family and to have a mother like you.» Et comme elle était la benjamine, sa mère ne lui refusait rien. «Mo gat li parski li ti tro bon, mo ti kapav rat lapriyer me li non, zame. Li ti bien disipline. Zordi, si li nepli la kitfwa se Swami so volonte.»

Dans un communiqué émis ce samedi 26 novembre, le ministère de la Santé indique que suivant l'enquête interne initiée après le décès de la petite Saivaani, le cas a été référé au Medical Negligence Standing Committee.

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