Mondial-2022: le Brésil décolle mais s'inquiète pour Neymar

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L'avant-centre brésilien Richarlison auteur d'un doublé contre la Serbie au Mondial, le 24 novembre 2022 à Doha.

L'avant-centre brésilien Richarlison auteur d'un doublé contre la Serbie au Mondial, le 24 novembre 2022 à Doha.

Le Brésil plane, Neymar boite: la Seleçao s'est affirmée jeudi le 24 novembre, comme l'une des favorites du Mondial-2022 en réussissant son décollage contre la Serbie (2-0) avec un incroyable retourné acrobatique de Richarlison, double buteur, mais «Ney» est sorti blessé, victime d'une entorse qui suscite l'inquiétude.

Arrivée au Qatar avec une belle étiquette d'épouvantail, l'équipe aux cinq Coupes du monde n'a rien fait pour détromper ceux qui la craignent: elle a donné le tournis à la Serbie, pourtant résistante pendant une heure, jusqu'à porter l'estocade par Richarlison, d'un but de renard (62ᵉ) puis d'un mémorable enchaînement contrôle-ciseau acrobatique qui tournera en boucle sur toutes les télévisions de la planète (73ᵉ).

Ce n'est qu'une entrée en lice, certes, et il faudra que les Brésiliens maintiennent un tel niveau pendant un mois, ce qui dépendra peut-être de l'état de leur maître à jouer Neymar, sorti avec la cheville droite gonflée, victime d'une entorse. «Ney» avait déjà été touché à cette même cheville en 2019, le forçant à renoncer à disputer la Copa America.

«Nous devons attendre entre 24 et 48 heures pour avoir une autre évaluation» de la gravité de cette blessure, a déclaré après la rencontre Rodrigo Lasmar, médecin de la sélection brésilienne.

Peu après, le joueur est passé en zone mixte en boitant légèrement, sans répondre aux questions des journalistes, et son évolution quotidienne risque de dominer l'actualité de la sélection dans les prochains jours.

«Nous avons confiance, Neymar rejouera dans cette Coupe du monde», a néanmoins lancé le sélectionneur Tite, d'un ton ferme.

Samba à contretemps

En attendant, le Brésil a réussi sa première là où d'autres, comme l'Allemagne et l'Argentine, ont eu des trous de mémoire à l'heure de monter sur scène.

«C'est l'un des favoris», a reconnu le sélectionneur serbe Dragan Stojkovic. «En seconde période nous avons décliné physiquement. Le Brésil a su en tirer profit, ils ont d'excellents joueurs et ils nous ont punis.»

Voilà déjà la Seleçao en tête de sa poule (3 pts) à égalité avec la Suisse, victorieuse du Cameroun (1-0) et prochain adversaire de l'équipe du sélectionneur Tite lundi (17h00), dans un groupe G où Serbes, Brésiliens et Suisses s'étaient déjà croisés au même stade il y a quatre ans.

«Avec cette belle victoire, avec cette belle performance, surtout en seconde période, cela nous donne confiance pour affronter la Suisse», a lancé le capitaine Thiago Silva.

Est-ce l'année de la Canarinha, vingt ans après son dernier sacre ? Même le «Roi» Pelé a exhorté jeudi les Brésiliens à «ramener le trophée à la maison». Et la Seleçao a pris ses aises dans ce stade de Lusail, où elle espère revenir le 18 décembre pour la finale du tournoi.

Avec son schéma ultra-offensif à quatre attaquants, la sélection auriverde a allègrement dominé la Serbie en première période, mais le football samba était un peu à contretemps: l'ailier barcelonais Raphinha a manqué de clairvoyance dans le dernier geste (35ᵉ, 46ᵉ), comme Vinicius (28ᵉ, 41ᵉ), et la frappe d'Alex Sandro a trouvé le poteau...

Soirée magique pour Richarlison

Passe-muraille habituel du Brésil, Neymar a eu quelques fulgurances, sans trouver la faille. Il est donc resté bloqué à 75 buts, à deux longueurs du record de Pelé en sélection brésilienne, avant de sortir à la 79ᵉ minute, la cheville gonflée... après être resté 11 minutes sans appeler son banc, désireux de continuer à jouer en serrant les dents.

Entretemps, au bout d'une percée de «Ney», Vinicius a pu frapper, le gardien a repoussé et Richarlison, qui avait suivi, a délivré les Brésiliens (62ᵉ).

Son deuxième but est admirable, peut-être déjà le but du tournoi: contrôle en pleine surface du gauche puis retourné acrobatique du droit pour faire chavirer de bonheur les supporters, qui ont ensuite scandé «Olé» à chaque passe brésilienne.

«C'est l'un des plus beaux buts que j'aie jamais marqué», a savouré Richarlison. «C'était une soirée magique, une belle victoire et maintenant nous avons encore six matches (jusqu'à la finale) pour atteindre notre rêve.»

Bilan de la soirée: le Brésil a une bonne tête de favori... à condition que Neymar soit rapidement remis.

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