Rs 2 500 de «pension» pour les artistes: pran konsians réalité…

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L’auteur de «Lévé do mo pep» a repris le long combat qui dure depuis neuf ans, pour que la MASA fasse un «geste de solidarité» en sa faveur.

L’auteur de «Lévé do mo pep» a repris le long combat qui dure depuis neuf ans, pour que la MASA fasse un «geste de solidarité» en sa faveur.

C’est un geste de solidarité. Une allocation mensuelle qui varie de Rs 1 000 à Rs 2 500 que la Mauritius Society of Authors (MASA) verse à certains artistes ayant atteint l’âge de la retraite. C’est pour toucher cette somme – avec les arrérages pour les neuf ans depuis qu’il a eu 60 ans en 2014 – que Ras Natty Baby menace de se mettre en grève de la faim. 

Il n’est pas le seul artiste dans cette situation. Il existe une liste d’attente d’une trentaine de noms. Du côté de la société des droits d’auteurs, le président, Gérard Louis, tient à préciser que cette allocation n’est pas à proprement parler une pension. Mais bien un geste de solidarité. L’argent est puisé du Benevolent Fund de la MASA. Il s’agit d’un fonds contributif. À chaque paiement de royalties, l’ayant-droit (auteur/compositeur/ arrangeur/éditeur) verse 7 % de ses royalties au Benevolent Fund. 

Ce fonds sert à financer quatre types d’allocations. Il y a celle versée à la famille de l’ayant-droit en cas de décès. Une allocation tournant autour de Rs 5 000. Il y a l’aide aux artistes en cas de maladie. Cela peut aller jusqu’à Rs 25 000, par exemple, pour financer une opération. Une partie de l’argent sert à couvrir les dépenses liées à la tenue de l’assemblée générale et enfin une somme est dédiée au paiement de la «pension». 

Créé en 2010, le Benevolent Fund accorde une «pension» au barème gradué allant de Rs 1 000 à Rs 2 500 par mois. Selon quels critères ? Il ressort que cette petite somme était avant tout une forme de «reconnaissance» de la contribution artistique. Comme dans le cas de Serge Lebrasse, par exemple. Il fait partie des «anciens» qui touchent Rs 2 500. Le montant n’a pas été révisé depuis la création du fonds. Le nombre de bénéficiaires n’a pas été revu à la hausse non plus. La faute, selon certains, justement aux critères jugés «flous». 

Face aux demandes répétées de Ras Natty Baby pour toucher la pension d’artiste, une rencontre a eu lieu entre l’artiste et des membres du board de la MASA – dont le président – le lundi 14 novembre. Soit deux jours avant sa conférence de presse pour évoquer sa situation. C’est là qu’il a fourni son propre calcul : «La MASA me doit 102 mois d’arrérages.» La société des droits d’auteurs lui a expliqué qu’un comité des finances a été constitué pour travailler sur toute la question. Reste à savoir combien de temps tout cela va prendre.
 

Mario Armel: «Pa kapav nou asiz dan twalet nou ékrir enn morso, nou dir nou enn asrtis»

L’auteur de «Kari poson» et «Anita my love» a maintenant 75 ans. Il est l’un des bénéficiaires de la «pension» mensuelle de Rs 2 500 de la MASA. Mario Armel est aussi un ancien membre du conseil d’administration de la société des droits d’auteurs. Avec son franc-parler, il lâche d’emblée : «Ce n’est pas une pension. C’est pour reconnaître ceux qui ont vraiment contribué. Pa kapav nou asiz dan twalet nou ékrir enn morso, nou dir nou enn artis, MASA bizin péyé.» 

S’il se dit «bien content» de toucher l’allocation mensuelle, Mario Armel affirme : «À l’époque, au conseil d’administration, on a débattu de cette allocation pendant des années. Sincèrement, je ne vois pas pourquoi il faut la donner. L’argent aurait pu servir à autre chose, pour mieux soutenir les artistes et la création.» Car pour lui, les subventions accordées par le ministère des Arts pour la production d’une oeuvre sont dérisoires. «Faire un CD coûte pas moins de Rs 400 000. La subvention est de Rs 50 000. L’argent de la MASA aurait pu servir à aider les artistes à travailler encore plus.»

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