Roshan et son épouse fabriquent des «balyé fatak»

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Pas question de tout balayer d’un revers de la main. Ils sont jeunes et ont pourtant pris la décision de reprendre le flambeau familial. Roshan, 30 ans, et Yashinee, 28 ans, se sont lancés pour la première fois cette année, dans la fabrication de balyé fatak. Un métier qu’a exercé le père de Roshan durant des années. Rencontre.

Dev Khemai a depuis son enfance travaillé corps et âme dans les champs de cannes à sucre et de légumes que possède la famille. Puis il s’est lancé dans la culture d’Arundo Donax, plante connue chez nous comme le fatak. Mais depuis l’année dernière, hormis le fait qu’il n’a pu faire grand-chose à cause du Covid, sa santé est devenue fragile. Depuis, son fils et sa belle-fille ont accepté de prendre la relève. Cela, alors que beaucoup de jeunes ne veulent plus travailler la terre, concède-t-il. Cette année, ils ont bossé d’arrache-pied dans les champs à Dubreuil pour gagner leur vie.

Ainsi, explique Yashinee, la coupe du fatak pour confectionner ces balais traditionnels a débuté en juillet et devrait prendre fin en décembre. En simultané, mari et femme s’occupent aussi d’un champ de cannes à sucre et tous deux commenceront prochainement la culture de légumes – brède chouchou, brède tom-pouce, rave ou encore cotomili et laitue. Parents d’un garçon, le couple doit se rendre dans les champs tôt chaque matin pour récolter la partie utilisée pour le balai, effeuiller les tiges de fatak, les mettre à sécher pour ensuite les «gratter» afin qu’elles soient utilisables. Puis, à deux toujours, ils commenceront la fabrication des balais, en leur donnant la forme voulue avant de les coudre. Au total, le couple fabrique quelque 200 balais au quotidien et il en a quelque 600 en stock, prêts à être livrés.

Quid de la clientèle ? Les Mauriciens ne privilégient-ils pas davantage les balais classiques, beaucoup plus pratiques et sans ‘poussière de fatak’ au départ ? Selon Yashinee, ce n’est pas le cas car le balyé fatak est toujours en grande demande. «Nous en vendons même à des marchands à Rs 100 et eux le revendent à Rs 125 ou Rs 150. Nous effectuons des livraisons à travers le pays. Et le business marche bien. Du moins pour le moment.»

Beaucoup de personnes, ajoute-t-elle, continuent à privilégier ce type de balai, ayant été habitués à le faire durant des décennies. Le balyé fatak est également utilisé comme élément de déco. La jeune femme confie que ce métier n’est ni facile, ni de tout repos, mais qu’ils arrivent néanmoins, Roshan et elle, à garder la tête hors de l’eau. «Nou gagn nou lavi ek li. Mé avek enn lapenn enorm. Anplis nou pou éna légim ousi biento la...» Continueront-ils avec le balyé fatak l’année prochaine ? «Certainement. Nous n’allons pas baisser les bras. C’est un métier amené à disparaître à l’avenir malheureusement.» Mais pas dans l’immédiat. Grâce à Yashinee et Roshan notamment.

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