Kavish Changia, tombaliste : «Enn metier ki pa pou mor zame»

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Kavish Changia (en bleu) prend le temps de travailler minutieusement les pierres pour offrir un service de qualité.

Kavish Changia (en bleu) prend le temps de travailler minutieusement les pierres pour offrir un service de qualité.

Alors que la Toussaint et La Fête des Morts (les 1er et 2 novembre) approchent, et que nous nous apprêtons à rendre hommage aux êtres chers qui ne sont plus parmi nous, un métier essentiel mérite d’être mis en lumière. Pour les «tombalistes», c’est une période importante, eux qui taillent, gravent et sculptent la pierre, pour donner un autre sens à la mort. Kavish Changia, 29 ans, est issu d’une génération de tombalistes aux Salines. Il a choisi le même métier que son père, Anil. Dans son atelier en face du cimetière, il apprivoise granite et pierre, et fait vivre le souvenir des disparus, alors que la relève est peu assurée.

À l’âge de 15 ans, Kavish Changia manie déjà ciseaux et massette avec une certaine dextérité. Son père, Anil Changia, lui enseigne déjà la technique à l’époque. Des trois fils de la fratrie, il est le seul à avoir suivi les pas de son père et de son grand-père qui, souligne-t-il, a eu l’occasion de se rendre à La Réunion pour construire un caveau. Aujourd’hui, il tient à transmettre ce savoir-faire. «Je ne regrette pas d’avoir choisi ce métier. C’est une passion. Peut-être qu’au fil des années, il n’y aura plus de relève, me se enn métier ki pa pou mor zame», dit-il avec beaucoup d’enthousiasme. Quand il n’a pas beaucoup de commandes, Kavish reste au service des morts; il nettoie les tombes, fait des retouches, et s’affaire à d’autres tâches au cimetière des Salines.

 Un métier ancestral qui accueille la modernité

Le jeune homme vit au rythme des traditions, et du respect des morts et de leur famille. Pour les commandes, il propose des modèles selon ses créations mais reste attentif aux demandes de ses clients. Une fois la commande finalisée, il se rend à Balaclava, chez un «casseur de roches» pour récupérer les pierres. Les structures peuvent être en béton, en pierre ou en granite. Kavish peut mettre 4 à 5 jours pour livrer une commande mais, dans son atelier, il prend le temps de tourner les pierres et de les travailler minutieusement, afin d’offrir un produit de qualité. Il taille des pierres, façonne le béton, place chaque structure avec minutie, et fait des gravures selon les commandes. À ce matériau ancestral qu’est la pierre, il tente aussi de donner un air de modernité. D’ailleurs, son père Anil, qui le regarde travailler avec beaucoup de fierté, concède que ses clients sont très satisfaits du travail de son fils. «Partou kot livrer koman, dimoun dir so travay bien bon», dit-il.

Le respect des traditions

Si aujourd’hui les entreprises vendent la mort en kit complet avec la tombe, pour Kavish Changia, il s’agit surtout d’une création pour laquelle il faut prendre le temps de rencontrer la famille et de créer, dans le respect des traditions. «C’est peut-être cet aspect de notre travail qui nous démarque. Il y a environ 15 tombalistes à Maurice. Je dirai que c’est devenu un marché très cher, avec une concurrence. Mais chacun offre sa touche personnelle et laisse ses empreintes sur son travail», dit-il. Le jeune tombaliste souhaite un jour transmettre ce savoir-faire à ses fils car, pour lui, le métier de tailleur de pierre a un bel avenir. Surtout, préciset-il, avec de nouveaux outils, tout va si vite. Auparavant, raconte-t-il, il fallait compter un jour pour tailler une rochecari mais, avec des outils hi-tech, nous le faisons maintenant en 15 minutes. Ainsi, une tombe en béton coûte de Rs 15 000 à Rs 18 000 environ, alors que celle en pierre se vend à partir de Rs 80 000. Chaque tombe, souligne-t-il, est unique en son genre. Kavish Changia reçoit des commandes à travers l’île. Des personnes, affirme-t-il, viennent de plusieurs endroits pour passer des commandes chez nous.

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