Décès de Ras Mayul: le mauricianisme perd un soldat

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La musique, à laquelle il a consacré toute sa vie, ne l’a pas matériellement enrichi. Mais l’héritage musical qu’il lègue est colossal. Ras Mayul, de son vrai nom, Jacques Emmanuel Bill, décédé mardi, a produit trois albums, avec des reggaes et seggaes à la pelle. Cet héritage dépasse cependant une simple question de chiffres.

Mayul était un parolier, miroir de la société. Son premier album, Les Dix Commandements, sorti en 1996, a pourtant bien failli être son unique disque. «Babylonn finn pirat mo rises», disait-il à l’express en 2004, pour déplorer le piratage dont il a été victime et expliquer pourquoi il n’avait pas sorti d’album depuis.

Une déception, disait-il, qu’il a pu surmonter pour sortir A Nou Viv en 2004. Ce fut un album unificateur, notamment avec le titre Fierte Morisien et A Nou Viv, dans la même veine que Zanfan Tou Koulér (sur son premier album) et Kawal Nasyonal (sur son troisième album). «Nous sommes un peuple multiracial. Nous sommes tous dans le même bateau et voyageons sous le même ciel», expliquait Ras Mayul à l’express, lui qui avait fait de l’unité nationale un thème récurrent.

Ras Mayul n’était pas forcément un chanteur à voix mais il avait deux atouts, au-delà de la qualité de ses textes: sa présence scénique et sa musicalité. Bruno Raya, qui avait produit l’album A Nou Viv en 2004 via son label OSB Compagnie Ltée, se souvient qu’«on travaillait avec feu George Corette (NdlR : sans doute le meilleur arrangeur musical reggae-seggae que le pays ait produit), et le fait même que Georges ait accepté de travailler avec Ras Mayul après avoir écouté sa maquette témoigne de la qualité musicale de Mayul. Ajoutez-y sa poésie, et le succès qu’il a connu n’est donc pas étonnant». Bruno Raya a fait Ras Mayul se produire au festival Reggae Donn Sa 2 en 2006.

Digne porte-voix du seggae, Ras Mayul avait figuré dans le clip Sime Lalimier et chanté aux côtés de 11 autres artistes dont Blakkayo, Tian, Ras Natty Baby, Sayaa, pour commémorer le Seggae day. Ce clip était un projet du Conservatoire François Mitterrand, financé par le ministère des Arts et de la culture.

L’autre facette de Ras Mayul c’est sa solidarité à la cause des artistes. Il était de tous les combats. Il était, par exemple, fortement engagé à faire pression sur le gouvernement pour la levée des restrictions sur les concerts après le Covid-19. «Même malade, il répondait toujours présent aux rassemblements des artistes», raconte Bruno Raya.

Ses funérailles auront lieu demain.

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