La construction souffre d’une déficience en travailleurs de qualité

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Le problème de manque de maind’oeuvre auquel le pays est confronté dans un secteur où, selon les dernières données de Statistics Mauritius, le taux de croissance est passé de 0,9 % à 30 % du premier au deuxième trimestre 2022, est-il un phénomène en lui-même ou n’est-il pas le résultat d’un ensemble de facteurs ? Nous avons posé la question à deux opérateurs du secteur de la construction. 

Pour Gérard Uckoor, président d’honneur et fondateur de l’association de petits entrepreneurs, il n’y a pas de manque de main-d’oeuvre. Le pays, dit-il, «est confronté à un problème de déficience en matière de qualité de travail que l’on peut attendre d’un ouvrier moyen de l’industrie de la construction. On ne trouve pas des travailleurs disposés à apprendre de nouvelles techniques susceptibles de permettre à leur employeur de présenter un produit fini de qualité dans les délais voulus. Il faudra donc corriger la formulation de ce phénomène en précisant qu’il y a un manque de main-d’oeuvre de qualité dans un environnement où la demande du marché de l’immobilier est de plus exigeante.» 

Gérard Uckoor estime que les autorités ont failli en s’abstenant d’aménager un créneau pour accompagner les enfants qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas pu s’adapter à un système éducatif qui privilégie l’acquisition de connaissances intellectuelles et académiques. «Ces délaissés du système éducatif conventionnel n’ont pas bénéficié d’un encadrement professionnel pouvant les aider à détenir un certificat qui reconnaît leur aptitude à fournir un travail de qualité. On se retrouve finalement avec des gens qui décident de ne pas venir travailler les lundis, de s’absenter pour un oui, pour un non et qui ne viennent travailler que pour satisfaire leurs besoins de base à court terme. Comment voulez-vous que cette maind’oeuvre, dévalorisée comme elle l’est, s’intéresse à rejoindre l’industrie ?» 

L’autre interlocuteur, bien que lui aussi n’ait pas hésité à arguer que l’industrie de la construction fait face à un manque de maind’oeuvre qualifiée, a surtout mis l’accent sur ce qui donne des sueurs froides aux acteurs du secteur. Il s’agit du paiement d’une hausse de salaire pour compenser la perte du pouvoir d’achat. «Payer ou pas payer dites-vous», avance Armond Kisten, de Kisten Enterprise Co Ltd. «La question ne se pose pas. On doit payer, surtout si les obligations associées à un contrat qu’on a volontairement signé pèsent sur notre tête comme une trombe d’eau qui menace de nous tomber dessus. Ce n’est pas qu’on va payer, on doit payer.» 

Les résultats connus d’avance des prochaines négociations salariales arrivent à un bien mauvais moment pour les opérateurs de la construction. Le verdict a été prononcé dans la publication de l’édition de juillet de l’indice des prix dans la construction. Cet indice est passé de 125,2 points à 129,8 points, soit une hausse de 3, 7 %. Ce qui signifie que presque tous les éléments qui entrent dans la réalisation d’un projet de construction ont enregistré une hausse. À titre d’exemple, le prix de location d’un site de construction a connu une hausse. Celle-ci a été de 4,5 % pour le prix des matériaux. Que dire de la valse de prix des barres de fer. La hausse est de 5,7 %. Celle des travaux de soudure a atteint les 7,6 %. 

Quelle est la posture de la main-d’oeuvre mauricienne face à son employeur ? Le Mauricien, dit-il, «négocie le montant de son salaire. Si on ne paie pas, il s’en va, alors que pour le travailleur étranger, le barème appliqué est celui recommandé par des Remuneration Orders».

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