Iran: les forces de l'ordre ouvrent le feu sur des manifestants

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Une femme tient une photo de Mahsa Amini, une jeune Iranienne morte après avoir été arrêtée par la police, lors d'une manifestation à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 25 septembre 2022.

Une femme tient une photo de Mahsa Amini, une jeune Iranienne morte après avoir été arrêtée par la police, lors d'une manifestation à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 25 septembre 2022.

Les forces iraniennes ont ouvert le feu en ce vendredi 30 septembre, sur des manifestants armés de pierres selon un média d'opposition basé à l'étranger, alors que le mouvement de contestation déclenché par la mort d'une jeune femme arrêtée par la police entre dans sa troisième semaine.

Les manifestations, dont la répression a fait au moins 83 morts, ont débuté après le décès le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

Le pouvoir, qui dément toute implication des forces de l'ordre dans la mort de cette femme de 22 ans, fustigent les manifestants, qualifiés d'«émeutiers», faisant état de centaines d'arrestations.

Iran International, une chaîne de télévision en persan basée à Londres a diffusé vendredi plusieurs vidéos, que l'AFP ne pouvait pas dans l'immédiat authentifier.

«Mort au dictateur», lancent des femmes tête nue dans la ville d'Ardabil (nord-ouest), selon l'une d'elle. A Avaz (sud-ouest), les forces de sécurité tirent du gaz lacrymogène pour disperser de nombreuses personnes sorties dans les rues pour scander des slogans contre le gouvernement, selon une autre vidéo.

Attaque contre un commissariat

A Zahedan, dans la province du Sistan-Balouchistan (sud-est), des hommes ont essuyé des tirs alors qu'ils jetaient des pierres sur un commissariat, selon d'autres images diffusées par Iran International.

L'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a affirmé qu'un certain de nombre de personnes avaient été tuées à Zahedan.

Dans le même temps, la télévision d'Etat iranienne a affirmé que des hommes armés avaient ouvert le feu vendredi et lancé des cocktails Molotov sur un commissariat de cette même ville. «Plusieurs policiers et des passants ont été blessés dans les échanges de tirs», a-t-elle ajouté.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, tandis que l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d'un bilan d'au moins 83 morts.

Amnesty International a dénoncé un recours par les forces de l'ordre à une violence «impitoyable», citant l'utilisation de balles réelles et billes de plomb, des passages à tabac et violences sexuelles à l'encontre des femmes.

Arrestation d'un chanteur

Téhéran réprime «impitoyablement des manifestations (...) dans le but de mater toute remise en cause de leur pouvoir», a encore déploré l'ONG vendredi dans un communiqué.

Les autorités ont fait par ailleurs état de l'arrestation de plus de 1.200 manifestants depuis le 16 septembre. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été arrêtés, d'après des ONG.

Une femme qui déjeunait sans foulard dans un restaurant de Téhéran, dont la photo est devenue virale sur les réseaux sociaux, a été arrêtée, a déclaré sa sœur vendredi.

Les forces de sécurité ont également arrêté le chanteur Shervin Hajipour, dont la chanson «Baraye» («Pour»), composée de tweets sur les manifestations, est devenue virale sur Instagram, selon le groupe de défense des droits Article 19 et des médias persans basés hors d'Iran.

Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à Washington, au moins 29 journalistes ont été interpellés dans le cadre de cette répression.

Depuis le début des manifestations, les autorités iraniennes accusent des forces à l'étranger, parmi lesquelles les Etats-Unis, leur ennemi juré, d'être derrière les rassemblements ou de les attiser.

L'Iran a mené mercredi des frappes transfrontalières qui ont fait 13 morts dans la région du Kurdistan irakien, accusant les groupes armés d'opposition basés dans cette région d'alimenter les troubles.

La répression des manifestations a été dénoncée par plusieurs capitales occidentales où ont eu lieu des rassemblements de solidarité avec le mouvement de contestation. De nouvelles manifestations sont prévues samedi dans 70 villes à travers le monde.

Des cinéastes, des athlètes, des musiciens et des acteurs iraniens ont exprimé leur solidarité avec les protestataires, y compris l'équipe nationale de football.

Dans une lettre vendredi, des fans de football ont cependant demandé à la Fifa d'interdire leur équipe de football de participer à la Coupe du monde au Qatar, en novembre-décembre, en raison de la répression.

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