Drogue synthétique: ces nouvelles substances qui inquiètent la police

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La saisie chez Tikkenzo a été confirmée comme de la drogue synthétique par le FSL.

La saisie chez Tikkenzo a été confirmée comme de la drogue synthétique par le FSL.

Les drogues synthétiques sont en constante évolution, ce qui représente un vrai casse-tête pour non seulement les autorités, mais aussi les travailleurs sociaux. Ce problème est à nouveau sur le tapis depuis que le chanteur Jean Kersley Lafolle, connu comme Tikkenzo sur scène, a été arrêté à la suite d’une perquisition de son domicile mercredi. La police a retrouvé plusieurs morceaux de papier soupçonnés d’être imbibés de drogue. Vendredi, le rapport du Forensic Science Laborato- ry a confirmé la substance illicite. Une charge de possession of synthetic cannabinoids for purpose of selling a donc été retenue contre lui. Retour sur cette drogue difficile à déceler.

Ce nouveau type de drogue de synthèse a fait son apparition depuis plus d’un an, nous dit Danny Philippe, chargé de prévention à Développement Rassemblement Information et Prévention (DRIP). Avec cette nouvelle forme de drogue, trafiquants et consommateurs cherchent à déjouer la surveillance de l’Anti-Drug and Smuggling Unit et détourner l’attention, argue-t-il. Danny Philippe nous explique que les papiers retrouvés chez le chanteur Tikkenzo à Beau-Bassin sont la nouvelle tendance chez les consommateurs. «Nous avons eu vent de cette drogue depuis un an. Ils se servent de n’importe quel papier pour vaporiser le liquide toxique.»

Selon la méthode utilisée, les trafiquants aspergent les feuilles de papier avec de la drogue synthétique mélangée à du benzène, de l’acétone ou du «thinner» à l’aide d’un vaporisateur. Alors qu’avant, des feuilles sèches ou du thé séché étaient utilisés, nous dit le travailleur social, le papier imbibé puis séché sert à rouler une cigarette. Ainsi, personne ne se douterait que c’est de la drogue synthétique, sauf quand la cigarette est allumée, laissant alors s’échapper l’odeur des substances chimiques. «S’il y a une grosse saisie de ces papiers chez un trafiquant, c’est alors que la police peut découvrir cette forme de drogue lors de la perquisition car, en grande quantité, les papiers laissent échapper une forte odeur», indique Danny Philippe.

Son association continue les campagnes de prévention en collaboration avec divers ministères pour sensibiliser les jeunes à cette nouvelle forme de drogue synthétique. «Si elle est mélangée à des substances toxiques, la personne peut faire une overdose. De 2013 à aujourd’hui, 44 types de drogue synthétique ont évolué, pour contourner les lois.»

Imran Dhunoo, président du Centre Idrice Goomany, explique que ces papiers font partie d’une nouvelle gamme de drogues de synthèse, les NDS, apparues en 2010. «Ce sont des produits hautement toxiques et létaux. Les molécules de cette drogue continuent à évoluer. Notre protocole est défini dans le cas d’une addiction à l’héroïne mais pour celui qui prend de la drogue synthétique, il n’y a pas de protocole de traitement bien défini. Les traitements sont administrés selon les symptômes.»

Ally Lazer, président de l’Association des travailleurs sociaux de Maurice, nous rappelle qu’il avait déjà tiré sur la sonnette d’alarme concernant le papier synthétique connu comme confetti dans le milieu policier. «Nous sommes un État de droit, tant que quelqu’un n’est pas pris en flagrant délit, une arrestation ne peut se faire et je comprends les policiers. Une chose est sûre, c’est que cette drogue de synthèse a fait son apparition depuis sept ans dans le pays mais elle est difficile de découvrir.» Il dit avoir eu vent de cette drogue synthétique car il travaille avec des patients qui l’ont informé de ce nouveau craze qui peut tuer nos jeunes. «Je demande aux parents de connaître leurs enfants et leurs fréquentations. Un premier contact avec la drogue synthétique est une mauvaise chose car Kamarad Kamaron, cela peut détruire la vie de nos jeunes.»

Du côté de la police, l’ADSU redouble de vigilance après cette découverte. Selon nos sources, une feuille de papier A4 contenant cette drogue coûte environ Rs 2 000. Sept feuilles A4 ont été saisies. La dimension du papier est 623,7 cm2 . Une dose de cette drogue, soit 1 cm2 , coûte Rs 150. La valeur totale des papiers A4 saisis est estimée à Rs 654 885. Neuf autres petits papiers rectangulaires coûteraient environ Rs 146 000.

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