Égalité du genre: les femmes toujours minoritaires en politique

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«La politique devenant de plus en plus sale chez certains partis, les femmes ne se sentent pas en confiance.»

«La politique devenant de plus en plus sale chez certains partis, les femmes ne se sentent pas en confiance.»

Le Bureau politique rouge a été félicité d’avoir propulsé au-devant de la scène plusieurs jeunes lors de son remaniement. Cependant, le nombre de femmes aux postes clés reste toujours très bas. Et c’est le cas dans tous les partis politiques de Maurice où le nombre des femmes est inférieur à celui des hommes. Quelle en est la cause ?

L’égalité entre les hommes et les femmes est un précepte fondamental de la démocratie. Si au fil des années le nombre de femmes a connu une légère augmentation au Parlement, elles demeurent toujours en minorité par rapport aux hommes ; il en est de même dans les bureaux politiques. Récemment, le Parti travailliste (PTr) a renouvelé son bureau politique et le nombre minime de femmes a été diversement commenté. Pour la députée Stéphanie Anquetil, qui en est membre, le nombre de femmes aux postes clés au bureau politique est certes bas mais une centaine de femmes ont tout de même fait leur entrée au comité exécutif. «Être au bureau politique ne veut pas dire que l’on sera candidat aux prochaines législatives. Le leader Navin Ramgoolam a été très à l’écoute et il est conscient que le nombre de femmes est important dans un gouvernement. Il compte bien y prêter attention aux prochaines élections et pas seulement générales», explique-t-elle.

Cependant, ce n’est pas seulement au PTr que le nombre de femmes est très bas comparé au nombre d’hommes, même dans les bureaux politiques. Dans les partis traditionnels comme les nouveaux, le nombre est très bas. Pour un observateur politique, l’histoire et la société y sont pour quelque chose. Même si aujourd’hui des femmes occupent des postes clés ou font des métiers qui étaient auparavant considérés comme des métiers «d’hommes», il y a toujours une mentalité conservatrice à Maurice. «Ainsi, les femmes sont elles-mêmes réticentes à se porter candidates car si elles ne font pas partie d’un grand parti, elles sont sûres qu’elles ne seront pas élues. De plus, elles ont aussi peur de ce que les gens diront d’elles car faire campagne et servir dans un bureau politique exige souvent de voyager à l’étranger, de passer des nuits loin de chez elles et de rencontrer des hommes pour le travail, ce qui est malheureusement encore considéré comme ‘inapproprié’ pour certains», révèle notre interlocuteur. Cela, dit-il, dissuade des femmes de venir de l’avant pour faire partie des partis politiques.

Une agente du parti au pouvoir, le MSM, révèle pour sa part que beaucoup de jeunes femmes se sont désintéressées de la politique à la suite de nombreux scandales et de l’image que donnent malheureusement certaines femmes au pouvoir. «Certaines jeunes femmes intellectuelles qui s’intéressaient au parti ont démontré un fort désintéressement car elles ont l’impression que l’on donne la parole aux femmes uniquement pour commenter des idioties comme cela a été le cas récemment avec l’histoire d’expression créole.» Il ajoute qu’avec les récents scandales comme la fuite de vidéos intimes de la compagne d’une personne opposée au pouvoir, des femmes affirment être réticentes à l’idée de s’engager dans la politique car malheureusement dans cette arène, certains prennent plaisir à déstabiliser les femmes en essayant de ternir leur réputation.

Des propos que soutient un autre observateur politique. «La politique devenant de plus en plus sale chez certains partis, les femmes ne se sentent pas en confiance.» Il ajoute que c’est aussi un choix des leaders pour beaucoup de partis, même s’ils ne le diront pas tout haut. «Il y a toujours cette mentalité que les femmes sont trop sensibles pour faire de la politique. Les leaders ne vont pas l’avouer. C’est pour cela que jusqu’aujourd’hui nous n’avons des femmes ministres que pour des ministères spécifiques ; par exemple, on n’a jamais vu une femme au ministère des Finances.»

Pour rappel, Maurice a introduit de nombreuses réformes d’envergure pour la promotion de la femme. Le pays s’est engagé à donner suite à la Déclaration de Pékin de septembre 1995, et s’est dit «[…] déterminé à faire progresser les objectifs d’égalité, de développement et de paix pour toutes les femmes partout dans l’intérêt de l’humanité tout entière». En 1984, notre pays a adhéré à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), qui exige des mesures appropriées pour éradiquer tous les types de discrimination à l’égard du genre féminin dans la vie politique et publique. Maurice est également signataire de la Déclaration de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui exigeait d’atteindre l’objectif de 30 pour cent de femmes en politique d’ici 2005. Cependant, bien qu’il fasse partie de ces organisations, Maurice est toujours le seul pays d’Afrique australe avec la plus faible représentation des femmes dans son Parlement déjà...

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