Emilie Matombé: l’art de faire parler la femme africaine avec des pinceaux

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Cette habitante de Plaine-Magnien figure parmi ces rares artistes qui ont fait de leur art leur métier.

Cette habitante de Plaine-Magnien figure parmi ces rares artistes qui ont fait de leur art leur métier.

La passion, elle en a. Et l’inspiration, encore plus, pour faire face aux obstacles qui l’empêcheraient de mettre son art en avant. Elle, c’est Emilie Matombé, une passionnée de l’art. Elle se démarque avec ses oeuvres qui mettent en avant la femme africaine. 

Cette habitante de Plaine-Magnien figure parmi ces rares artistes qui ont pu faire de leur art leur métier, car elle est professeur de dessin au collège du Saint-Esprit, à Quatre-Bornes. Elle a beaucoup lutté avant de pouvoir imposer son style, voire le faire accepter du grand public. «L’acceptation de mon art est un grand mot. Il y a du chemin à faire, j’évolue de jour en jour avec mon art. Parfois, les gens ne comprennent pas pourquoi la femme noire et pas d’autre concept. Certains partagent le même plaisir que j’ai en voyant mes tableaux. En ayant des difficultés à exposer, je cherche toujours les moyens pour me lancer. Entre-temps, je suis passée de “promouvoir mon art” à la “transmission de la connaissance”.» 

Emilie Matombé a découvert la peinture durant son enfance. Aujourd’hui, fiancée, elle se remémore le tableau de Notre-Dame. «J’avais découvert le tableau de Notre-Dame-de-Roche-Bois. J’étais choquée, mais je riais de cette Vierge quand j’ai reçu une gifle de ma mère qui m’a tout de suite remise sur les rails. Pour elle, c’était un manque de respect de ma part, et, depuis, cela m’a collé à la peau. Cette gifle m’a marquée à vie.» 

Elle confie qu’elle était émerveillée de découvrir cette Vierge Marie de couleur et même si elle la trouvait inhabituelle, elle pouvait s’y associer. «Quand j’ai commencé à poser des questions, notamment pourquoi cette Vierge était noire, ma maman me demandait de me taire, parce que poser des questions, c’était douter de la Vierge. Comme j’étais curieuse de nature et poussée par ce désir de comprendre, je me suis mise à lire sur la culture africaine. Et les classes de littérature avec la compréhension du livre Things fall apart. J’ai eu un aperçu de cette culture qui m’a intéressée.» 

Après s’être bien documentée sur la culture noire, en 2018, Émilie Matombé se rendra en Afrique du Sud pour représenter son pays dans le cadre du programme YALI (NdlR, Young African Leaders Initiative), où elle va côtoyer plusieurs femmes africaines venant de différents pays d’Afrique et de cultures différentes. Elle sera émerveillée par cette richesse qui la poussera à prendre son pinceau et à s’exprimer. Depuis, elle collectionne des tableaux de femmes africaines mais se heurtera à des problèmes de parcours, dont le coût du matériel qui ne cesse d’augmenter. «Ce n’est pas cela qui va m’empêcher de peindre, car le feu et la passion de l’art qui me consomment restent vivants au fond de moi». 

Ainsi, elle trouvera des solutions créatives et se souvient de son premier tableau qui sera l’élément déclencheur. «J’étais sans emploi, je voulais offrir un cadeau exceptionnel à une amie et voilà comment cela a commencé.» Émilie Matombé revient sur la femme noire qu’elle peint souvent, et explique qu’elle s’inspire de son vécu, à travers les femmes qui l’entourent, de la force de la femme noire qui se donne à fond. C’est pour cela qu’elle se focalise beaucoup sur les yeux de la femme noire qu’elle considère comme la fenêtre de l’âme qui ne ment jamais. 

À terme, Émilie Matombé espère faire une exposition en solo. «Je souhaiterais bien avoir une exposition en solo, et faire plus voyager mon art. J’ai vendu des tableaux à beaucoup de touristes. Je voudrais rencontrer d’autres artistes et partager davantage.»

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