Consommation: il faut débourser plus pour les produits de base

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Dépréciation de la roupie, hausse du taux de change du dollar américain, hausse dans le coût du fret mais aussi abus de certains commerçants peuvent expliquer cette flambée des prix de produits alimentaires dans le pays. Jayen Chellum, secrétaire de l’Association des Consommateurs de l’Ile Maurice (ACIM), n’est pas content. Pour lui, l’inflation n’est pas causée seulement par la dépréciation de la roupie mais aussi par d’autres facteurs qui peuvent être contrôlés.

Il reconnaît qu’en raison du Covid-19, il y a eu une rupture dans la chaîne approvisionnement : manque de navire cargo et manque de main d’œuvre que ce soit pour le transport ou la production. Ajoutée à cela, la hausse des prix du fret et du carburant, ce qui ne peut qu’amener ceux d’autres produits à prendre l’ascenseur. Il y a aussi l’augmentation du coût des matières premières qui n’est pas à négliger. «Dans plusieurs cas, il y a les matières premières qui coûtent plus cher et de ce fait, il est impossible d’éviter la hausse des prix.»

Cependant, il y aurait un abus des commerçants qui en profiteraient pour ajouter leur part. Certains, ajoute Jayen Chellum, n’hésitent pas à vendre leurs produits à des prix qui ne reflètent pas la réalité. Il est plus que temps, dit-il, que dans ce genre de situation, il y ait un contrôle de prix de la part des autorités surtout sur les produits de base. Et la liste de ces produits contrôlés doit être publiée. Il prend prend pour exemple l’huile. «Il y a eu, par exemple, un importateur qui a expressément créé la panique pour en tirer profit. Effectivement, il y a des personnes qui ont acheté plus. Puis on a vu que Maurice n’était pas en rupture de stock et que nous en avions suffisamment pour plusieurs mois. Il faut arrêter de créer ce genre de situation.»

Après la hausse de plusieurs produits de base, comme le sucre, le fromage, le lait pour enfant, les tomates en conserve, il y a également le riz basmati qui coûtera beaucoup plus cher d’ici à la fin du mois. Ainsi, le sachet de 5 kg passera de Rs 300 à Rs 450 et le sachet de 20 kg passera de Rs 1 200 à Rs 1 800. Jayen Chellum explique que le coût du fret est grandement responsable de cette augmentation mais aussi la hausse du taux de change du dollar américain. «Nous devons voir du côté de l’Inde et du Pakistan qui produisent le riz basmati.» L’augmentation serait aussi due au fait que la récolte a été mauvaise dernièrement.

Le secrétaire de l’ACIM indique que la clientèle peut toujours se tourner vers le riz basmati 1121 importé par la State Trading Corporation (STC), qui est définitivement moins cher. D’ajouter qu’en ce qui concerne le riz basmati, il y a un problème sur le marché mauricien car il y a trop de marques. «On peut retrouver le même riz basmati sous différentes appellations dans les supermarchés. Le gouvernement doit mettre de l’ordre. Car ainsi, différentes marques veulent dire différents prix pour le même produit.»

Mais n’y a-t-il pas un lien entre ces différentes hausses des prix et l’actuelle guerre entre la Russie et l’Ukraine ? Premièrement, souligne notre interlocuteur, nous n’importons pas grand-chose de l’Ukraine si ce n’est une petite partie de «dholl ti pwa» et deux types de «dholl» mais nous n’importons pas de blé de ce pays. «Donc nous ne pouvons pas nous servir de cette guerre pour tout justifier.» Jayen Chellum poursuit en indiquant que ce sont les produits pétroliers qui sont largement impactés. Cela peut-être cause artificiellement par la surtaxation.

Finalement a-t-il une idée sur les produits qui pourraient prendre l’ascenseur dans les semaines voire les mois à venir ? «Oui, j’ai une petite idée mais je préfère ne pas en faire état pour le moment. Car premièrement, cela pourrait créer un panic buying, chose que nous voulons éviter mais aussi parce que cela peut changer en fonction de l’évolution dans le monde. Attendons voir…»

Quelques produits de base qui ont connu une hausse de prix conséquente en deux ans : il faut débourser Rs 15 de plus pour une boîte de Pilchards, Rs 33 en plus pour une boîte de tomate, Rs 175 de plus pour un litre de Sunquick, Rs 30 de plus pour du sucre, Rs 9 de plus pour le fromage, Rs 32 de plus pour le sirop, Rs 15 de plus pour les saucisses, Rs 43 de plus pour le poisson surgelé et Rs 47 en plus pour le lait pour enfant.

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