Publicité

Augmentations: ces produits essentiels qui nous ruinent

9 mars 2022, 22:06

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Augmentations: ces produits essentiels qui nous ruinent

La flambée des prix du carburant rajoute de l’huile sur le feu des produits de consommation. Selon Statistics Mauritius, la «Year-on-year inflation» affiche un taux de 9 % à février 2022. Du coup, les prix de nombreux articles flambent ou en prennent la direction. Quels sont ces produits et surtout pourquoi ? Tour d’horizon. 

Gaz ménager : pas de majoration dans l’immédiat, indique la STC 

Depuis quelques jours, des rumeurs circulent sur une possible majoration du prix du gaz ménager. Qu’en estil vraiment ? Selon Rajiv Servansingh, directeur général de la State Trading Corporation (STC), «une hausse du gaz n’est pas à l’agenda dans l’immédiat». Il ajoute que la bonbonne de 12 kilos qui se vend Rs 180 coûtait environ Rs 580 à la dernière livraison. «La prochaine livraison devrait tourner autour d’un peu plus de Rs 650 pour ce même contenant.» D’après lui, en Europe, le gaz naturel a augmenté par 300 % sur les trois derniers mois, la guerre entre la Russie et l’Ukraine contribuant à ce contexte. Mais il réitère que la hausse du prix du gaz ménager n’est pas prévue à ce stade. 

Pain : les nouveaux prix présentés aux autorités cette semaine 

 «Depuis dix ans, le prix du pain n’a pas augmenté. Nous préparons actuellement le costing que nous présenterons aux autorités au courant de la semaine», indique Nasser Moraby, président de l’Association des boulangers. D’après lui, durant la dernière décennie, les boulangers ont dû payer les compensations salariales alors que les prix des intrants pour la production du pain ont flambé. Au niveau de la farine, soutient-il, une subvention avait été accordée jusqu’au Budget qui sera présenté en juin 2022, ce qui a permis de soulager les boulangers. Toutefois, Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC), prévoit une hausse du prix de la farine. «25 % de l’approvisionnement international provient de l’Ukraine et de la Russie et 75 % des fournisseurs restants ont des difficultés de production à cause du Covid-19.»

Pâtes, biscuits, gâteaux et autres produits à base de farine risquent de flamber

Suttyhudeo Tengur indique que la hausse du tarif de la farine qui pourrait avoisiner les 20 % en raison de la guerre en Ukraine et de la majoration du fret entraînera l’augmentation des prix de certains produits essentiels. «Cela implique les pâtes, les biscuits et les gâteaux, entre autres produits de consommation.» 

Riz et grains secs : la note sera plus salée Le prix du précieux grain de riz, indispensable pour accompagner nos traditionnels caris, pourrait encore augmenter prochainement. «Nous ne pouvons faire autrement», affirme Jayen Veerapen, directeur de J.M. Veerapen Ltd et importateur de grains secs et de riz. «Nous attendons que le ministère du Commerce publie un communiqué pour indiquer s’il y aura une augmentation. Mais de manière générale, la production de riz a diminué depuis l’année dernière dans nos pays importateurs. Comme tous les produits importés, le riz ne pourra pas échapper à une augmentation.»  

Idem, pour les grains secs, Jayen Veerapen annonce qu’il y aura une hausse très prochainement. «L’augmentation des prix de ces produits est due à la hausse des coûts de transport des marchandises vers Maurice. Les tarifs du fret ont triplé et même quadruplé. Par ailleurs, la roupie s’est considérablement dévaluée par rapport au dollar et à l’euro. La faute au Covid-19, qui fait monter le coût du transport maritime mondial.» 

Cigarettes : Rs 5 de plus pour Pall Mall 

Depuis le 3 mars, le paquet de 20 cigarettes Pall Mall coûte Rs 5 plus cher, confirme Oscar Mamet, General Manager de TNS Tobacco. Ainsi, le prix est passé de Rs 170 à Rs 175 pour ces cigarettes importées du Kenya. «Ceci est dû à la dépréciation de la roupie qui est constante depuis deux ans main- tenant ainsi que le fret qui est largement majoré. À notre niveau, nous essayons d’absorber les coûts au maximum pour ne pas les répercuter aux consommateurs. Nous devons également suivre l’évolution de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.» Aussi, précise-t-il, l’augmentation s’applique à une seule marque, les autres gammes n’étant pas frappées par des hausses dans l’immédiat car l’importateur essaie d’absorber les coûts additionnels.  

Dholl puri : la paire passera à Rs 17 

La paire de dholl puri coûtera bientôt Rs 2 plus cher, pour passer de Rs 15 à Rs 17. C’est ce qu’affirme Sudesh Dewa, directeur de Dholl Puri Dewa. «Nous sommes en discussion avec une association de marchands de dholl puri. Il se peut que la hausse de Rs 2 s’applique dans les jours ou semaines qui viennent.» Pourquoi cette majoration ? D’après lui, le dholl est passé de Rs 1 000 à Rs 1 300, le masala coûte désormais Rs 90 au lieu de Rs 50 tandis que le papier d’emballage à la livre est à Rs 28 au lieu de Rs 18. «Avec la hausse du prix de l’essence, ceux qui nous livrent la farine paient plus cher. Nous devons également payer ces frais.» Sudesh Dewa souligne que la majoration de Rs 2 ne suffit pas pour absorber de tels coûts, mais qu’il faut penser aux consommateurs. 

Produits pharmaceutiques : Une augmentation de 10 % à 13 % envisagée 

Ces deux dernières années, le prix de nombreux médicaments a considérablement augmenté. Cette année encore, cette hausse pose problème. D’autant que la dépréciation de la roupie joue beaucoup contre nous. Une situation qui s’explique par la guerre en Ukraine, qui de plus a provoqué une augmentation du prix du baril de pétrole, impactant ainsi le coût d’importation des denrées alimentaires. Cela signifie que le prix de revente de ces médicaments devient exorbitant, mettant à mal le portefeuille de nombreux patients, qui ont beaucoup de mal à se procurer ces médicaments. 

 Siddick Khodabaccus, président de l’Union des pharmaciens, précise qu’aucun secteur n’est épargné par l’augmentation des prix. «En effet, il peut y avoir une augmentation d’environ 10 % à 13 % sur tous les médicaments. Il faut savoir que le prix du dollar a augmenté consécutivement. De plus, notre roupie perd de la valeur avec les effets du Covid-19. Les prix du fret ne cessent d’augmenter. Nos matières premières proviennent de plusieurs pays internationaux. Et n’oublions pas cette guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui est aussi une source de problème dans les secteurs pharmaceutiques et autres… »  

Des secousses pour les consommateurs d’ici deux mois  

Selon Muryoodeen Fauzee, directeur de Dreamprice, plusieurs facteurs contribuent à la flambée actuelle et future des prix. «Les bateaux sont plus rares, le fret a augmenté sans compter l’appréciation du dollar, la non-disponibilité de certains produits. Avec la guerre, les choses s’enveniment. D’ailleurs, nos céréales et grains secs proviennent d’Ukraine.» Il constate que les articles de base continuent à se vendre sauf que les achats sont moins mirobolants. La modération s’applique. Cela dit, l’impact sur les consommateurs n’est pas si prononcé à ce stade, observe-t-il. «Les Mauriciens ressentiront ces hausses d’ici deux mois. Si actuellement le budget des provisions est de Rs 5 000, il faudra ajouter Rs 3 000 avec les majorations. D’ici deux mois, ce budget doublera», prévoit-il. Pour sa part, Suttyhudeo Tengur appelle à se méfier des inflations artificielles sur certains produits. «La plupart des augmentations sont d’origine importée. Mais dans d’autres cas, c’est pour augmenter le mark-up. Les consommateurs doivent être très vigilants.» 

De l’électricité dans l’air 

De son côté, Jayen Chellum, secrétaire de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice évoque la hausse de l’huile lourde, ce qui induira probablement une augmentation du tarif de l’électricité. Parallèlement, les frais de transport risquent de coûter plus cher puisque l’essence et le diesel sont plus élevés. «Une surtaxation est passée aux consommateurs. Par exemple, sur la vaccination que nous avons gratuitement ou le Covid Solidarity Fund qui sert pour les drains, etc.» Pour lui, le mécanisme de stabilisation des prix a pris du plomb dans l’aile et les prix ne sont pas totalement tributaires du marché mondial. «C’est aussi lié à la gourmandise des autorités qui ont utilisé les surplus dans certains secteurs.» Il affirme que les demandes d’augmentation de certains produits comme le dholl puri, entre autres, ne tiennent pas la route. «Les dépenses sont faites de manière irresponsable. Nous avions des surplus dans des secteurs mais ils ne sont pas utilisés comme il faut», conclut-il.