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Barlen Pyamootoo: «Vivre avec les livres (...) s’en inspirer pour avancer»

10 janvier 2021, 21:32

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Barlen Pyamootoo: «Vivre avec les livres (...) s’en inspirer pour avancer»

C’est à Trou-d’Eau-Douce, où il vit depuis un quart de siècle, que l’écrivain mauricien puise son inspiration pour raconter le monde. Il y prépare un Festival du Livre à partir du 1er octobre. Un ambitieux projet littéraire qu’il compte rééditer chaque année. Il nous explique ici le pourquoi et le comment de ce festival.

Barlen Pyamootoo, on entend parler d’un Festival du Livre que vous avez initié et qui se tiendra cette année à Trou-d’Eau-Douce. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Vous avez bien entendu. En effet, ça fait déjà plusieurs mois que je travaille sur un Festival du Livre à Trou-d’Eau-Douce. L’ouverture de ce festival aura lieu le vendredi 1er octobre 2021 à 18 heures et se poursuivra le samedi 2 octobre et le dimanche 3 octobre de 10 à 19 heures. Je précise que je ne suis pas seul à l’organiser. Je le fais en étroite collaboration avec Jan Maingard, avec L’Atelier Littéraire, la Librairie Mauricienne Numérique et son équipe, et bien entendu en concertation tout aussi étroite avec les habitants et les forces vives du village.

Certes, le Festival du Livre aura lieu à Trou-d’Eau-Douce, mais il est bien sûr ouvert à tous ceux qui vivent à Maurice ou qui y séjourneront début octobre, qu’ils soient Mauriciens, expatriés ou touristes. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui soutiennent ce projet et qui habitent non seulement dans d’autres coins de l’île, mais également à l’étranger. J’ajoute que ce Festival du Livre n’aura pas lieu que cette année, mais qu’il s’inscrit résolument dans la durée, car il se tiendra chaque année au début du mois d’octobre.

Pourquoi ce Festival du Livre ? Quels en sont les objectifs ?

Son objectif majeur est d’inciter les Mauriciens et tous ceux qui vivent à Maurice à lire, à écrire, à partager leurs connaissances et à s’ouvrir aux autres. Et quel meilleur moyen de comprendre le monde qui nous entoure, dans sa diversité, dans sa complexité et dans sa subtilité, que de se plonger dans des livres qui nous apportent des indices si précieux sur notre histoire et sur l’époque que nous vivons ? Beaucoup de mes amis lecteurs me disent leur bonheur de vivre avec les livres qu’ils chérissent et qui les enrichissent, et dont parfois ils s’inspirent pour avancer.

Quelles animations proposezvous pour rendre vivant ce festival ?

Ce Festival du Livre qui est d’abord une fête proposera au public, outre la vente de nombreux livres à bas prix, des rencontres avec des écrivains talentueux. Il y aura des lectures et des dialogues autour des thèmes qui questionnent la langue, l’écriture, la mémoire, les mythes fondateurs, ou encore la transmission, qui sont autant de sources vives de la littérature mauricienne

Rappelons que grâce à sa position dans l’océan Indien, l’île Maurice a de tous temps représenté une étape, un carrefour où se sont croisés les peuples de différents continents. Au fil des siècles, diverses populations se sont enracinées dans le pays et ont contribué à développer un multilinguisme devenu une de ses richesses. Forts de ces langues multiples, de leurs confrontations et de leurs interrogations, plusieurs courants en quête d’une vérité littéraire ont émergé, s’employant à questionner l’histoire, à construire et à déconstruire certains mythes.

Outre des rencontres avec des écrivains à l’occasion de la parution d’un nouveau livre et des tables rondes autour des thèmes vitaux pour la littérature mauricienne, dont son avenir, le Festival du Livre de Trou-d’Eau-Douce décernera chaque année le prix L’Atelier Littéraire qui est parrainé et sponsorisé par Jan Maingard. Doté de 100 000 roupies, ce prix est singulier, tant il brasse large, car ouvert à tous les genres littéraires (roman, récit, nouvelle, poésie, théâtre, essai, bande dessinée) et à trois langues (anglais, créole et français).

«Beaucoup de mes amis me disent leur bonheur de vivre avec les livres qu’ils chérissent et qui les enrichissent»

 Pourquoi Trou-d’Eau-Douce ? Est-ce que le village n’est pas trop excentré ?

Trou-d’Eau-Douce parce que j’y vis depuis plus de vingt-cinq ans et il me semble connaître assez bien ses habitants pour pouvoir compter sur leur soutien afin d’enraciner le festival dans le village et d’en faire un succès, d’autant qu’ils seront pleinement associés à l’événement. En effet, nous travaillerons avec des jeunes notamment pour des lectures, un slam et des mises en musique de quelques textes.

Quant à la position géographique du village, je crois que notre pays est si peu étendu qu’aucun endroit ne peut être excentré. D’ailleurs, les Mauriciens comme les touristes étrangers n’ont aucun mal à trouver leur chemin pour venir en nombre à Trou-d’Eau-Douce se délasser et prendre du bon temps. Et je suis sûr qu’ils seront au moins aussi nombreux pour un Festival du Livre.

Comment comptez-vous financer ce Festival du Livre ?

D’abord vous dire que ce festival sera gratuit pour tous, pour le public autant que pour les exposants. Il nous faut donc trouver de l’argent pour financer, entre autres, les affiches, notre catalogue, la sonorisation, les marquises qui abriteront le festival.

Nous publierons un catalogue qui aura le format d’un livre et qui contiendra le programme détaillé du festival avec les notices bio et bibliographiques des écrivains invités, ainsi que des extraits de leurs œuvres. Je précise que ce catalogue tout en couleur et d’environ 96 pages sera gratuit et distribué en nombre.

Il contiendra des pages publicitaires et ce sont ces pages, achetées par des entreprises et des institutions je l’espère, qui financeront le festival. Par contre, la quatrième de couverture sera réservée à des particuliers, des Mauriciens d’ici et d’ailleurs et des amis d’autres pays, qui soutiendront le projet en le finançant selon leurs moyens. Et ces personnes auront leurs noms écrits sur la quatrième de couverture. C’est notre manière de les remercier d’aider à la tenue et à la réussite de la première édition du Festival du Livre, et ils sont plutôt nombreux, ceux qui ont déjà promis de le soutenir de tout cœur.

 

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