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Squatteurs de Riambel: «Éna zis enn bout latwal ki sépar nou ar sa labriz-la»

7 septembre 2020, 21:07

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Squatteurs de Riambel: «Éna zis enn bout latwal ki sépar nou ar sa labriz-la»

Cent jours que leurs maisonnettes en tôle ont été démolies. Cent jours qu’ils vivent sous des tentes. Qu’ils s’organisent avec les moyens du bord. Et pourtant, on avait dit à ces squatteurs de Pointe-aux-Sables et de Riambel qu’il y aurait des projets. Mais depuis, rien… 

Ils ont tenu 100 jours. Ils doivent tenir encore. Jeunes mères, nourrissons, des familles entières qui depuis le lundi 1er juin ont vu leur «ti lakaz tol» démolies par les JCB et les officiers de la Special Mobile Force (SMF).  

Mais la volonté de s’en sortir semble intacte. Soutenue par la plateforme Drwa a enn lakaz. Hier, celle-ci a organisé «enn laprémidi solider», pour nous rappeler que cela fait maintenant 100 jours que des familles de Pointe-aux-Sables et de Riambel vivent sous des tentes. 

 «Humans live here», proclame une pancarte sur l’un des arbres du site. Ces humains, c’est dans des tentes qu’ils ont passé le plus rude de l’hiver. Délogées pendant la période de confinement, ces familles ne sont pas encore sorties de crise. 

La vie s’organise, notamment grâce aux dons des associations et des bénévoles.

Jequiel Laviolette, l’une des mères de famille de Riambel, son fils, Samael, âgé de quatre mois, dans les bras, explique :«Kot gouvernman nou pankor gagn okenn répons. Les fonctionnaires ne viennent même pas vérifier notre situation.» Elle allègue que les services de renseignements par contre sont là «souvent».  

Bébés malades

Malgré les conditions précaires, Jequiel Laviolette parle de sa détresse avec dignité. Confiant que son mari a perdu son emploi dans un hôtel à cause du Covid-19. Et qu’elle-même a dû arrêter de travailler pour s’occuper de son enfant. 

 Elle tient à répondre à ceux qui les jugent, ceux qui disent «“nou pé vinn rod tou kado”. Ce n’est pas vrai. Donnez-nous au moins la chance d’avoir un logement décent», réclame-t-elle. De rappeler que quand les maisons de fortune des squatteurs ont été rasées, «on nous a dit qu’il y aurait des projets. Jusqu’à l’heure, nous sommes sous des tentes. Pa évidan res dan enn camping».  

Cela fait 100 jours que ces enfants vivent sous des tentes à Riambel…

Les collectes, les dons, la chaleur des bénévoles et des associations. Cela aide à tenir. Mais, malgré tout, il reste le froid. «Kan sa labriz-la baté, éna zis enn bout latwal ki sépar nou», témoigne Jequiel Laviolette. «Cela aurait été mieux de nous laisser dans ‘nou ti lakaz tol’.» Montrant son bébé, Samael, elle confie qu’il a déjà été malade. Et qu’un autre bébé, âgé de cinq mois, avait été transporté à l’hôpital par sa mère, hier.  

En 100 jours, la vie s’est organisée avec les moyens du bord. Les mères se relaient autour d’un robinet sur place. L’eau vient de chez les voisins. Elles font avec…  

C’est le lundi 1er juin, en plein confinement que les maisons des squatteurs de Riambel, à Cité de Dieu, ont été rasées. Le 9 juin, les familles concernées – en présence des élus de la circonscription no 14 – ont rencontré le ministre du Logement, Steven Obeegadoo. Il s’était alors engagé à trouver une solution.  

En tout, ce sont «161 structures illégales des squatteurs réparties sur cinq sites» qui ont été touchées par les opérations du ministère du Logement. Le 28 mai, les bulldozers se sont heurtés à une chaîne humaine à Cité Tôle, Malherbes. Ensuite, c’est à Pointe-aux-Sables que des maisons de squatteurs ont été démolies. 

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