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Abandonnés à Quatre-Bornes: les deux petits choyés à l’hôpital alors que les autorités enquêtent

26 janvier 2019, 19:45

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Abandonnés à Quatre-Bornes: les deux petits choyés à l’hôpital alors que les autorités enquêtent

Les enfants laissés sans surveillance et dont les parents sont suspectés de maltraitance reprennent des couleurs à l’hôpital Victoria. La police et la Child Development Unit enquêtent.

Mardi 22 Janvier. Deux enfants, âgés de 3 et 4 ans, provoquent la panique chez leurs voisins. Ils sont sur l’appui de fenêtre d’un petit appartement situé au troisième étage d’un bâtiment, à Quatre-Bornes. Ces enfants, mal nourris et négligés, se trouvaient seuls chez eux, avec un chien et un singe pour toute compagnie. Secourus par des policiers et des pompiers, ils ont été emmenés à l’hôpital Victoria, à Candos. Nous les y avons retrouvés, hier. Leur avenir est entre les mains de la Child Development Unit (CDU), qui enquête. Des sabres, des matraques ainsi que d’autres armes ont été retrouvés dans une armoire lors de l’arrivée des policiers.

Les deux bambins sont actuellement au département des enfants du centre hospitalier. Le personnel de la section est aux petits soins pour eux. Si depuis leur arrivée à l’hôpital, mardi, ils n’ont pas été très bavards, hier, cependant, ils ont commencé à interagir avec les autres enfants qui s’y trouvent. Ils sont aussi réconfortés par les mamans qui sont là, avec leurs petits hospitalisés. Elles n’hésitent pas à leur donner des biscuits, par exemple.

L’une d’entre elles témoigne. Elle dit que le garçonnet est le plus méfiant des deux, hésitant à se rapprocher des gens qu’il ne connaît pas. «À leur arrivée, ils semblaient traumatisés. Je suis triste de les voir ainsi. Mais ils sont des boules d’énergie. Ils ne restent pas en place et ne dorment pas beaucoup. Le personnel de l’hôpital prend bien soin d’eux.»

C’est aussi ce que nous avons constaté. La petite fille, qui s’est enfin adaptée à son nouvel environnement, n’hésite plus à courir jusqu’à la partie normalement réservée aux médecins et aux infirmiers. Le médecin de service arbore un air sympathique et la présence de la petite ne semble pas le gêner.

Le personnel et les mamans de la section se doutent bien que les deux petits ont vécu des choses très dures. Mais ce sont les voisins qui ont été les premiers témoins de leur misère. Le fameux mardi, où les deux enfants auraient pu y laisser la vie en tombant dans le vide, c’est une commerçante qui est parvenue à empêcher le drame. Ayant aperçu le petit garçon sur l’appui de fenêtre, elle a alerté les autorités.

Nous nous sommes rendus dans le voisinage où habitent les enfants. Un voisin avance que ce n’est pas la première fois que les petits tentent de traverser la fenêtre. Un autre renchérit, en affirmant que les enfants ne font qu’imiter leur père. En effet, selon ses dires, ce dernier enjambe souvent la fenêtre pour grimper sur le toit du bâtiment.

Dans l’immeuble, voisins et habitués disent reconnaître les petits surtout à leurs pleurs et cris incessants. Il y a aussi un troisième enfant, en situation de handicap, qui perçoit une pension y relative. Cet enfant se trouvait apparemment avec la maman le jour de l’incident. Ils ne sont pas scolarisés et ne sortent presque pas de la maison. Ce qui pousse les voisins à croire qu’ils sont souvent livrés à eux-mêmes.

Le sort des enfants est pour le moment entre les mains de la CDU. Une enquête a été initiée et à la fin de l’hospitalisation du garçonnet et de la fillette, une visite aura lieu dans leur appartement pour voir si le lieu est adéquat pour les accueillir à nouveau. Et aussi pour jauger le comportement des parents. Sinon, les enfants seront confiés à un parent proche.

Il nous revient qu’un proche avait même proposé de prendre en charge l’un des petits. Mais un des parents s’y serait opposé. Ces derniers, âgés tous deux de 28 ans, ne travaillent pas. La mère est toujours en détention policière, n’ayant pu fournir l’argent de sa caution de Rs 1 500. Le père n’a pas été inquiété par la police, pour le moment.

Le couple a mauvaise réputation dans l’immeuble et auprès des commerçants. «Ils se querellent souvent avec des commerçants du coin pour des cigarettes. Tard dans la nuit, on les entend se hurler dessus. On n’a pas l’impression qu’ils s’inquiètent outre mesure pour les enfants», rajoute un voisin.

Un appartement insalubre 

<p style="text-align: justify;">Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;une petite chambre, avec salle de bains, toilettes et cuisine attenantes. Le couple et leurs trois enfants y vivent depuis un peu plus d&rsquo;un an. L&rsquo;appartement est dans un état insalubre et une odeur nauséabonde se répand dans les couloirs de l&rsquo;étage, une fois la porte ouverte. Pour cause, des excréments du chien et du singe qui s&rsquo;y trouvaient jonchent le sol. La propriétaire de l&rsquo;appartement leur a demandé à maintes reprises d&rsquo;évacuer les lieux car ils ont arrêté de payer le loyer. Devant leur refus, il leur a coupé l&rsquo;eau ainsi que l&rsquo;électricité. Une plainte aurait déjà été déposée contre eux au poste de police de Sodnac depuis l&rsquo;année dernière.</p>