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Electricité: à la découverte de la fabrication et du fonctionnement des éoliennes

6 novembre 2017, 01:45

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Electricité: à la découverte de la fabrication et du fonctionnement des éoliennes

Un bon vent nous amène au pied d’un majestueux cylindre métallique. Quittant la terre ferme, nous grimpons un petit escalier menant à une porte ovale. Dès l’ouverture, on se croirait à bord d’une fusée spatiale. Des panneaux de contrôle trônent par-ci et des cadrans par-là, une échelle s’incruste aux parois murales tandis qu’une vibration fait tanguer l’édifice. La destination de ce tronc de fer : un voyage aux quatre vents. En effet, nous sommes à l’intérieur d’une éolienne sise au parc énergétique de Plaine-des-Roches.

«Ces éoliennes font 65 mètres de haut et sont dotées de pales, c’est-à-dire des blades de 29 mètres de long. Ce sont de petits modèles. Les prochaines qui seront installées à Maurice feront 80 mètres de haut et auront des pales de 50 mètres», déclare Cyril Oudin, directeur général d’Eole Plaine des Roches Ltd.

Depuis 2010, la première phase du projet a le vent en poupe. Elle est notamment issue d’un partenariat avec Aerowatt Mauritius, qui fait partie du groupe Quadran en France, et la socié- té locale Sugar Investment Trust (SIT) à 49 %. Une seconde phase d’installation d’éoliennes est prévue à proximité de Plaine-des-Roches. Parallèlement, deux autres régions du sud et de l’est de Maurice ont été identifiées pour aménager de nouveaux parcs. «Plus vous produisez, plus le prix baisse. Et là, vous procurez de l’électricité au Central Electricity Board (CEB)». Cette instance achète la production électrique éolienne. Selon notre interlocuteur, le CEB est en pleine mutation énergétique car la direction s’est rendu compte que «l’énergie renouvelable, comme le soleil ou l’éolienne, est devenue très compétitive et coûte moins cher que l’énergie fossile. De plus, les énergies renouvelables sont rentables et ont un prix fixe pour 20 ans à Maurice. A contrario, s’il y a une crise au niveau du pétrole ou du charbon dans un an, cela peut doubler, voire tripler les prix».

Danse du vent

À ce stade, 11 éoliennes génèrent de l’électricité en capitalisant sur la danse du vent. Comment fonctionnent-elles au quotidien ? D’abord, il faut comprendre la structure. Une éolienne est composée de cinq sections spécifiques. D’abord, il y a une base en béton d’une profondeur de dix mètres sous terre pour tenir l’éolienne. Celle-ci est dimensionnée pour résister aux cyclones. «Les éoliennes ont été conçues pour ce type d’intempérie au Mexique, aux États-Unis et en Jamaïque», déclare le directeur général. Ensuite, le corps de l’éolien comprend un emboîtement de trois niveaux métalliques faisant chacun 20 à 25 mètres de haut. Au sommet, on trouve une boîte de vitesse, les fameuses pales et une génératrice.

«La structure est en acier tandis que les pales sont en fibre de verre. Elles exécutent environ 17 à 25 tours la minute», souligne Patrick, qui travaille sur le parc. Le matériel a été intégralement importé d’Espagne puis monté ici. Ce processus a nécessité l’approvisionnement d’une grue de 600 tonnes d’Afrique du Sud. La durée de fabrication était de trois mois. Une fois construites, les éoliennes sont entrées en opération vers 2015/2016. D’après Cyril Oudin, leur vitesse varie en fonction de la densité du vent. «Par exemple, on produit de l’électricité à partir de 4 mètres par seconde. Cela s’arrête à 26 mètres par seconde mais là, on serait en condition cyclonique.»

Briser un tabou

 Et en un coup de vent, l’électricité est produite et canalisée vers un système de câblage au sol. S’ensuit un petit tour vers le poste de livraison qui redirige cette énergie sur 11 kilomètres de ligne électrique à Amaury, la sous-station du CEB. Et de là, la distribution atterrit sur le réseau électrique. Depuis 2016, le parc a produit 25 gigawatts d’électricité, ce qui équivaut à l’alimentation en électricité de 12 000 à 15 000 foyers.

Selon Cyril Oudin, Maurice aurait une capacité d’atteindre les 100 à 150 mégawatts et a su s’intégrer dans ce développement social et énergétique. «Aujourd’hui, l’éolienne est un symbole de transition écologique. Vous voyez directement le mode de production : le vent, avance-t-il. Quand vous avez une usine de charbon, vous ne voyez pas comment est produite l’électricité. De plus, nous avons pu briser un tabou. Les gens avaient peur, pensant que les éoliennes faisaient du bruit. Vous le voyez, ce n’est pas un avion à réaction qui décolle.»

Au total, le premier parc éolien mauricien a nécessité un investissement de Rs 750 millions. Pour les futures installations, les coûts n’ont pas encore été évalués. Des atlas de vent, c’est-à-dire des exercices de modélisation de Maurice en trois dimensions pour obtenir des données de vent sur les 20 à 25 prochaines années, sont en cours sur les zones identifiées. Il est également prévu que les nouvelles éoliennes aient une capacité renforcée de 2 mégawatts.