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Fusillade à Marseille: trois morts dont deux jeunes de 15 ans

25 octobre 2015, 20:34

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Fusillade à Marseille: trois morts dont deux jeunes de 15 ans
Dans un tweet, le Premier ministre Manuel Valls a réagi à cette fusillade: "Fusillade à Marseille : indignation. Rien n'arrêtera la détermination de l'État à lutter contre le crime organisé".
 
Les jeunes gens ont été atteints par des rafales d'arme automatique à 2h30 dimanche, dans la cité des Lauriers, dans le 13e arrondissement.
 
"Il appartiendra à l'enquête judiciaire en cours d'établir les faits avec précision, l'hypothèse de meurtres liés au trafic de stupéfiants étant à ce stade privilégiée", a indiqué dans un communiqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "De tels actes de violence sont inacceptables", a-t-il réagi.
 
Selon les premiers éléments de l'enquête, la fusillade a eu lieu au pied de l'immeuble D, en face de l'entrée de la cité.
 
Les jeunes gens se trouvaient dans la cage d'escaliers de l'immeuble quand plusieurs individus, peut-être quatre, à bord de deux véhicules, ont tiré dans leur direction avec une arme automatique, a précisé une source judiciaire. Une vingtaine de cartouches de 9mm, provenant d'une arme automatique mais pas d'une kalachnikov, ont été retrouvées sur place.
 
Peu après le drame, deux véhicules brûlés ont été retrouvés à Gardanne, à une vingtaine de kilomètres au nord de Marseille. La PJ a fait le lien avec la fusillade.
 
- "Toujours trop de violence" à Marseille -
 
L'une des victimes, le majeur de 24 ans, était connu des services de police mais les deux mineurs étaient "peu connus", selon la source judiciaire. Toutefois l'un d'eux avait été poursuivi pour vol à main armée. "Je n'ai aucun élément laissant à penser qu'ils ne soient pas impliqués dans le trafic de stupéfiants", a déclaré le préfet de police des Bouches-du-Rhône Laurent Nunez lors d'une conférence de presse. Il a rappelé que "les réseaux sont structurés en guetteurs, vendeurs et tête de réseau", soulignant que les guetteurs étaient "recrutés à cet âge-là".
 
Dans la matinée de dimanche, quelques traces de sang étaient encore visibles sur le sol et une dizaine de jeunes gens étaient présents sur les lieux du drame.
 
La cité des Lauriers est connue comme une plaque tournante du trafic de drogue à Marseille et avait fait l'objet en mai d'une vaste opération policière, mobilisant quelque 300 policiers. Un vingtaine de personnes avaient alors été arrêtées. "La plupart des protagonistes ont été écroués", a précisé le préfet de police en estimant que le règlement de compte de dimanche pouvait "être lié à une tentative de reprise d'un trafic qui vivotait" dans la cité où une personne a encore été interpellée vendredi, a précisé M. Nunez.
 
Selon le ministre de l'Intérieur le nombre de règlements de compte à Marseille est stable avec 11 décès depuis le début de l'année contre dix l'année dernière.
 
Il a rappelé dimanche que dans le cadre d'"une lutte sans relâche contre le crime organisé, à Marseille comme sur le reste du territoire", dix réseaux majeurs de trafiquants ont été démantelés, 132 individus écroués, et 1,5 tonne de cannabis et 39 kg de cocaïne saisis, depuis le début de l'année dans la cité phocéenne.
 
Selon M. Cazeneuve "la délinquance à Marseille connaît depuis le début de l'année, par rapport à la même période de 2014, un recul global, avec une baisse des vols avec violences de 24% et de 14% pour les vols par effraction. Au total, les atteintes aux biens baissent de 6,5%".
 
"Les renforts sont bien présents", a fait valoir de son côté M. Nunez en insistant également sur le renforcement de la coordination entre les services judiciaires "pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans ces cités".
 
"Les résultats sont là", a-t-il insisté en notant "l'augmentation importante des saisies de stupéfiants, 1,5 tonne, dans les cités marseillaises", depuis le début de l'année.
 
Le 13 octobre, M. Cazeneuve avait annoncé un prochain plan global pour lutter contre le trafic et la détention d'armes. "Je proposerai d'ici à six semaines un plan global extrêmement offensif de lutte contre le trafic et la détention d'armes dans notre pays", avait-il indiqué.
 
La dernière fusillade importante, dans les quartiers nord, a eu lieu le 26 avril. Deux hommes avaient tiré à la kalachnikov, faisant deux morts dans une épicerie de nuit du 14e arrondissement.