Le groupe malaisien estime que la décision du ministère de l’Environnement de ne pas lui accorder un permis EIA constitue  une «colourable device». Il lui rappelle que c’est l’Etat qui lui avait alloué le site de Pointe-aux-Caves et réclamé des rapports qui lui a été favorable quant à ce choix.
CT Power passe à l’offensive. Le Conseil des ministres ayant décidé de rejeter, à la mi-janvier, son projet d’une centrale électrique fonctionnant au charbon à Albion, ce groupe malaisien accuse le ministère de l’Environnement d’avoir usé d’un subterfuge pour lui mettre des bâtons dans les roues. Pour des raisons que lui seul connaît...
C’est ce qui transparaît à l’article 7 de l’appel logé le 15 février par le promoteur devant l’Environment Appeal Tribunal (EAT) pour contester la décision basée sur un rapport défavorable de ce ministère. Cette décision, affirme CT Power, constitue en fait une «colourable device» pour l’empêcher d’aller de l’avant avec son projet pour des «reasons best known» au ministère dirigé par Deva Virahsawmy.
Le 14 janvier, le Conseil des ministres avait justifié sa décision de ne pas donner son feu vert à ce projet en s’appuyant sur les réserves d’un comité technique de ce ministère. Mais, selon les experts, la centrale allait opérer beaucoup trop près des zones résidentielles, devant être basée à Pointe-aux-Caves, sur une bande de terre séparant le phare d’Albion de la prison de Petit-Verger, à Pointe-aux-Sables.
Ce comité avait également soulevé l’épineuse question de congestion routière : des poids lourds devant transporter le charbon de Port-Louis au site. Ensuite, il a été question de risques sanitaires liés aux émanations de fumée et de cendres. Surtout qu’Albion est en train de se développer et qu’il abrite l’hôtel cinq étoiles du Club Méd.
Alors que les écologistes et les habitants des régions avoisinantes se réjouissent de la décision gouvernementale, CT Power vient faire une révélation de taille : le site de Pointe-aux-Caves a été choisi par nul autre que l’Hôtel du gouvernement. A travers le ministère du Logement et des Terres.
CT Power s’en prend également au gouvernement car c’est lui-même qui avait conduit un Environmental Impact Assessment (EIA) sur le site, estimant qu’il était adapté pour ce projet. De l’autre, le Central Electricity Board (CEB) allait entrer dans l’actionnariat de la nouvelle centrale électrique, précise l’avoué du groupe malais, Me Pazany Thandarayan.
Toujours à propos du site de Pointe-aux-Caves, un rapport commandité par le ministère de l’Environnement ainsi que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) auprès de Mott MacDonald avait estimé qu’il était adapté pour ce projet. De même que le Supplementary Environment Impact Assessment (SEIA) que CT Power avait réclamé.
CT Power estime que la décision du gouvernement ne pas lui accorder le permis EIA pour développer le site sur la base d’un «precautionary principle» constitue une faute au regard de la loi. Il estime que le projet n’allait en aucun cas causer des dommages à l’environnement et qu’il y a une étude scientifique qui a été réclamée à cet effet.
Il fait mention de son rapport SEIA et indique que toutes les réserves émises par le ministère de l’Environnement ont été entretenues selon les normes locales et les standards internationaux. CT Power s’insurge ainsi contre le temps pris par le gouvernement pour venir à cette décision, ce qui, selon lui, lui a causé préjudice.
Cerise sur le gâteau, CT Power estime que la décision du gouvernement n’est pas rationnelle et ne repose sur une aucune argumentation raisonnable. Il ajoute que celui-ci n’a pas compris le concept de «precautionary principle».
 
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