Encore un coup de fil de Paul Bérenger à son adversaire Navin Ramgoolam. Cela s’est passé vendredi soir et ce n’était pas pour parler accord électoral. Du moins c’est ce qu’affirme Navin Ramgoolam lors de sa conférence de presse, samedi à l’hôtel Le Labourdonnais. Est-ce que les appels mensuels de Bérenger au leader travailliste sont une indication qu’il pourrait y avoir un rapprochement post-électoral ? Ramgoolam en rit et dit qu’il n’y a aucune raison pour que cela se passe ainsi “puisque nous allons vers une majorité confortable”. Il ajoute que de toute façon, “il y a des différences trop radicales entre nous.”
Le coup de fil du Premier ministre était lié aux incidents violents qui ont caractérisé les événements politiques de la semaine dernière. Evénements que tous les leaders de l’Alliance sociale ont condamnés. Navin Ramgoolam va plus loin. Il demande au commissaire de police et au Premier ministre de prendre leurs responsabilités. Il ajoute qu’à la suite d’un appel, Ramanooj Gopalsingh lui a affirmé ne pas savoir “kot bann taper la ete”. Navin Ramgoolam attire l’attention sur le fait qu’un “tapeur notoire est dans l’entourage de Bérenger”. La violence, dit Ramgoolam, est l’arme des faibles. Il dénonce les attaques dont ont été victimes Rashid Meerun et Jean-François Chaumière. Ce dernier a également été menacé de mort.
Le leader de l’Alliance sociale met en garde contre le non-respect des procédures pour l’allocation des terres de l’Etat (qu’il appelle le festival de terre au bénéfice de quelques proches du régime) et des recrutements dans la police et à l’hôpital. “Le prochain gouvernement ne sera pas tenu d’honorer des engagements pris dans la précipitation. Ils sont avertis”, menace Ramgoolam. Et il y aura une commission d’enquête sur “la mafia des terres” si l’Alliance sociale prend le pouvoir. Le leader de l’opposition s’élève aussi contre la propagande du gouvernement sur la réforme de l’éducation. “Zot met billboard pou dir reform mari bon me telman reform la bon, Jugnauth ek Obeegadoo zot zanfan al lekol prive”, ironise-t-il.
D’anciens militants donnent leur soutien
Pour Navin Ramgoolam, le Mouvement militant mauricien (MMM) connaît sa fin. “Zot meeting fiasco, Bulldozer inn tom an pann et l’ironie est que maintenant le MMM compte sur la majorité silencieuse. C’est du jamais-vu, ce même MMM qui a été le symbole du tapage et de la fête.”
Les autres membres de l’Alliance sociale ont commenté avec ironie la sortie de Paul Bérenger contre les bookmakers. Ceux-ci ont coté l’opposition favorite aux élections. Pour Xavier Duval, leader du Parti mauricien portant son patronyme, Paul Bérenger, qui a fait clairement ressortir le “décalage entre la cote des deux alliances”, devrait lui aussi songer à jouer. Rama Valayden, leader du Mouvement républicain (MR), estime que l’épisode du bookmaker démontre que Paul Bérenger “n’est pas aussi malin qu’on veut le faire croire. Au cas contraire, il aurait misé sur le cheval gagnant.” Sylvio Michel met la population en garde contre les propos récents de Paul Bérenger : “Zame linn interese ek kompensasyon esklav. Zordi li pe koz gran gran koze.” Anil Bachoo du Mouvement socialiste démocrate s’élève contre le climat de frayeur qui règne et parle des affiches illégales qui disent que “Navin pann sanze. Be si Navin pa ti sanze, mo na pa ti pou la. Zot le fer kroir ki li enn divizer kouma Bérenger”.
Madan Dulloo, leader du Mouvement militant socialiste mauricien se dit très inquiet par les incidents violents qui se sont déroulés au n° 6 (Grand-Baie-Poudre-d’or) vendredi soir. “Les agents du camp adverse sont rentrés dans une cour et ont tout saccagé. Et des gens, dont un vieil homme, ont dû aller se faire soigner à l’hôpital”, affirme-t-il d’un ton sobre. Dulloo avance également le fait qu’un groupe d’anciens militants l’auraient rencontré le même matin car ils voulaient donner leur soutien à l’Alliance sociale.
La conférence de presse s’est déroulée dans une atmosphère très détendue, les différents leaders plaisantant sans cesse entre eux. Alors que les politiciens étaient déridés et les journalistes sérieux, Navin Ramgoolam a demandé : “Kifer zot serie koumsa ? Atan le 4 ziliet, mo pou met enn sourir lor zot figir.” Optimisme et bonne humeur décidément présents…
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