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Par:-  Rabin Bhujun

On 06/03/2011

 Pour un chef de famille, les tenants et aboutissants du taux de l’infl ation importent peu. L’évaluation du coût de la vie, il l’effectue lui- même. En comparant d’un mois sur l’autre la valeur de la facture alimentaire et énergétique qu’il arrive à payer avec son salaire. Ce que la grogne ambiante – relayée par des syndicats, associations de consommateurs et le citoyen lambda – nous apprend donc, c’est que les fi ns de mois deviennent de plus en plus diffi ciles.

Surtout pour les revenus moyens et faibles. Face à ce problème, les pouvoirs publics prétendent donner le change. Ce n’est pas si facile. Il faut le dire aux consommateurs.

A tour de rôle, Michael Sik Yuen et Showkutally Soodhun ont expliqué que si le besoin s’en fait sentir, le gouvernement réintroduira le contrôle des prix sur certaines denrées de base afi• de circonscrire la fl ambée du coût de la vie. Le ministre de la Protection des consommateurs et son collègue du Commerce semblent oublier que la précédente tentative – sur le lait – a lamentablement échoué. A l’avenir, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

S’obstiner à vouloir contrôler les prix, c’est méconnaître les mécanismes en jeu dans notre économie. Il ne s’agit pas de défendre aveuglément le principe des prix libres. Mais plutôt d’expliquer pourquoi leur contrôle s’avère problématique.

Pour cela, il faut commencer par le factuel : l’importation ou la fabrication d’un certain nombre de produits – lait, poulet, grains secs par exemple – est la chasse gardée d’un petit nombre d’opérateurs économiques. Qui ont tous un lien quasi- organique avec les grandes et moyennes chaînes de distribution.

Parce qu’elles contrôlent l’essentiel du volume de l’alimentaire vendu dans le pays, ces chaînes imposent leurs prix d’achat aux fournisseurs. Si les autorités s’acharnent à vouloir fi xer les prix ou déterminer un taux de marge maximal, les grandes chaînes réagiront. Notamment en obligeant les fournisseurs à les approvisionner à des prix plancher afi• de rester compétitifs dans les paramètres de marge et de prix imposés par le gouvernement.

Certains fournisseurs pourront rentrer dans cette logique en rognant sur leurs marges et en misant sur le volume vendu aux distributeurs pour dégager des bénéfi ces soutenus. D’autres, toutefois, trop petits ou mal structurés, devront fermer boutique.

Incapables qu’ils sont à produire ou importer à moins cher.

Conséquence : un marché moins compétitif, contrôlé par moins de producteurs/ importateurs. Autant pour le choix du consommateur ! Une autre conséquence est également prévisible. Ne pouvant dégager de grosses marges sur les denrées vendues en gros volume, les distributeurs tenteront de faire du chiffre à partir des produits dont les prix ne sont pas réglementés.

La marge perdue sur un sachet de lait ici, sera ainsi rattrapée ailleurs, sur un déodorant, des glaces ou des serviettes de table.

Le prix d’un caddy bien rempli au supermarché pourrait ainsi rester sensiblement le même malgré le contrôle des prix. Ou alors – ce n’est pas exclu – coûter plus cher au consommateur.

Qu’à cela ne tienne, en attendant de contrôler les prix, le gouvernement entend les placer sous surveillance. Grâce à la mise en place d’un observatoire des prix. Le raisonnement du ministre Sik Yuen est simple, pour ne pas dire simpliste. En publiant un relevé régulier d’un caddy- type de produits de grande consommation, l’observatoire amènera les consommateurs à aller faire leurs courses dans les enseignes les plus compétitives.

Encore une fois cela pose un double problème. D’abord, ce système exclut de facto les petits commerces. Le « laboutik sinwa » du coin, déjà incapable de demander des prix compétitifs à son fournisseur, aura de plus en plus de mal à vendre une palette complète de produits. Et deviendra inexorablement un vendeur de petites bricoles… à défaut de disparaître.

Ce système concentrera davantage la clientèle vers trois ou quatre grosses enseignes qui fonctionneront selon un nouveau paradigme. Il s’agira d’être ultra- compétitif sur tous les produits rentrant dans le caddy afi• d’obtenir les bonnes notes de l’observatoire. Pour ensuite faire en sorte que tous les produits non essentiels soient frappés de la marge la plus élevée.

La clientèle, attirée par les bons soins de la publicité gratuite faite par l’observatoire des prix, reviendra tous les mois acheter le poulet vendu à prix volontairement et perpétuellement cassé.

Mais elle repartira avec de la glace ou des serviettes en papier vendues presque plus cher que dans la petite épicerie du coin.

C’est à se demander si ces mesures, si elles sont adoptées par les pouvoirs publics, ne devraient pas bénéfi cier d’un nouveau label : « Sponsorisé par la grande distribution locale » !


Commentaires

Par Tryptophan
Mar 10, 2011
@ mercury Que voulez-vous de plus empirique que la montee en colimacon , vertigineuse, des prix , s’accelerant annuellement, a partir de la Noel? Il y a bien d’autres elements nefastes dans cette politique “enrobee de sucre” : les bonis de fin d’annee ensus du 13eme mois aux cadres les mieux payes guarantissent non seulement l’elargissement de l’ecart entre riches et pauvres , une tres large disparite entre leurs pouvoirs d’achat , mais aussi , puisqu’il sagit d’une economie qui depend de l’importation, une flambee de prix …… Ici , on dit , toutes les choses montent. La seule chose qui descend c’est votre pantalon….. ( d’ou notre culture de “serre ceinture”??). Mais l’economie ne se pretant pas a l’examen de la science exacte il y aura autant d’opinions que de personnes analysant le problem. Peut-etre que vous avez raison. Alors c’est a vous de demontrer qu’une telle injection de liquidite, non-liee a la production, n’a nul effet sur l’inflation.
Par Mercury
Mar 08, 2011
"La logique du 13eme mois doit etre remise en question, parcequ'elle a une très grand part a jouer dans l'inflation"? C'est un dogme d'economiste qui n'est pas ancré dans la realité. Il y a d'autres parametres - pricipalement le debt trap a tenir en compte. De toute façon une etude empirique ridiculisera cette niaiserie.
Par David
Mar 07, 2011
Ti dimoune ki tire la vie ti dimoune dans sa pays la. Ene paire dhall puri Rs12??? ki l'investissement sa marchand la ine fer??? Ene di pain p vande R2.50!!! Boulanger sa ine aster four par MILLION!!! Bizin baisse Prix Dhall Purri et Augmente prix du Pain!!!
Par Tryptophan
Mar 07, 2011
Les lois existantes qui protegent les grands importateurs monopolistes doivent etre revisees, e.g les patentes d'importations etc. La logique du 13eme mois doit etre mise en question, parcequ'elle a un tres grand part a jouer dans l'inflation. Faut prendre des mesures pour decouger le cout "penitentiaire" des lecons particuliers/prives. Il faut rendre notre education moins competitifs pour donner a nos jeunes l'espace pour qu'ils peuvent penser et creer, et leurs encouragers vers des entrainements/activites productifs, etc. Nous devons adopter l' attitude qu'il n’ est pas "cool" de se dependre des supermarches ... au contraire qu'il est "cool" de ne pas se laisser "embeter" par les publicites. Cela impliquerai que nous adopterons un style de vie qui nous encourage de produire, a travers le jardinage, les cooperatives etc nos legumes, viandes, fruits, lait et oui, fromages etc. Nous devons apprendre que nous n'avons pas besoin de la "marque" du fromage, mais simplement de sa valeur nutritive. Nous devons nous eduquer de ces choses pratiques: la connaissance comme l’ outil pour faciliter la vie, mais pas simplement pour obtenir des certificats…. Il est peut-etre necessaire d’avoir une politique de controle de prix ( prix fixe…. Merci pour le prix fixe du pain maison), mais aussi une politique de controle de qualite.
Par Honky Tonk
Mar 06, 2011
I stayed at one place in Mauritius which charged in Euros.The first drinks i ordered for my family and me,i thought i was being "clever" by insisting paying in Rupees, but they converted it from Euros to Rupees at " Hotel Rate" so it was 10% more expensive paying in Rupees.I don't want to mention the name of the place but i do believe it should be cheaper to pay in Mauritian rupee which is the Mauritius currency than foreign Euro which belongs to the European Union.Is it a kind of complex?.
Par Starbright
Mar 06, 2011
Record high global food prices showed no sign of relenting following a rash of catastrophic weather.Catastrophic storm and drought have been battering the world's leading agriculture countries in recent months, including flooding and a massive cyclone in Australia and a powerful winter storm that swept across parts of the United States.We must avoid repeating the mistakes of the past when countries reacted to spiraling prices by banning exports and hoarding food.This will make the situation worse as it is the world's poorest people who will pay the price.
Par Kaygeek
Mar 06, 2011
macadamu, thank you for the alternate views to, say, George Chung's waffling! Obviously the BoM is caving in to the unhealthy lobbies. But thanks God, contrary to the leadership of the previous sophist, he is not advocating any depreciation. But I agree he should follow Singapore and let the rupee appreciate.
Par macadamu
Mar 06, 2011
si le cout de la vie a augmenté a Maurice c'est parceque: - la banque central est intervenu sur le marché des devises plusieures fois depuis juillet de l'année derniere en achetant des devises par centaines de millions de roupies a chaque fois, cela se chiffres aujourd'hui autour de 3 milliards de roupies si ce n'est plus! (en réduisant le nombre de devises en circulation, ceux ci s'aprécient donc la roupie se déprecie) car en raison de la crise euro la roupies s'aprecie et c'est ce que veut eviter la BC; car si la roupies s'aprécie le marché de l'export mauricien devient moins compétitif (trop cher face aux pays concurrent) (un peu comme la chine qui maintient le yuan faible) Mais le probleme c'est que le prix des denrées alimentaires sur les marché mondiaux explose en raison d'aléas climatique: d'innondation en australie (qui un le pays avec lequel maurice importe le lait le beurre le fromage la farine etc..) au Pakistan (pays exportateur de riz vers Maurice) etc.. a cela s'ajoute la crise dans les pays arabes d'ou le prix du petrol qui a bondit... etant donné que maurice a une balance commerciale negative cad qu'il importe plus qu'il n'exporte (tous les produits alimentaires et de consommation de base..) une roupie faible dans un contexte international tel qu'aujourdhui implique une forte hausse des prix des produits importés! d'ou une inflation galopante cad la hausse des prix Maintenant on peut se demander s'il est raisonable de la part de la banque central d'intervenir ainsi sur le marché des devises dans une economie de marché, s'il est raisonable de proteger l'industrie (de l'export textile canna a sucre services) au détriment de la comsommation des menages et du pouvoir d'achat? si la banque central n'avait rien fait, les mauricien aurait été content de voir les prix baisser et comsommer plus, mais l'industrie du textile du sucre de l'extrenalisation se serait effondré car moins compétitif (en meme tant pas necessairement le textile mauricien est reputé pour sa qualité ainsi que le sucre qui maintenant s'exporte en partie deja rafiné et lexternalisation de meilleur qualité que les pays concurents) Cela aurait forcer les secteurs en question à s'adapter (ce que font très bien la mauriciens) et cela aurait été quelque chose finalement de bien, de meilleur pour l'economie futur et le pouvoir d'achat des mauriciens! au lieu de vouloir sans cesse rester dans la situation ou l'on est(car croyant etre protégé et limiter les risques) le mieux est souvent de se battre pour affronter les choses puis avancer plus sereinement dans de meilleures conditions!
Par clency
Mar 06, 2011
Et que quelques années de celà,quand j'habitais à la Tour Koenig,une petite boutique coopérative vendait des articles moins chers que dans les hypermarchés.Malheureusement nous ne soutenons pas assez ces coopératives.
Par Lélio Wong
Mar 06, 2011
Quand les dirigeants font tout le contraire ! Pravind Jugnauth qui veut avancer à tout prix l'idée dérisoire de faire de Maurice un "duty free paradise" pour les étrangers alors que l'inflation bat son plein. En Europe il y a une guerre permanente entre les supermarchés discount "casseur prix" et à Maurice, le monopole "des grandes surfaces unie". Michael Sik Yuen s'en fiche des " boutiks sinwa ".
Par chitchat
Mar 06, 2011
Proverbe Tunisien: La fin d'un mois est plus dur qu'un steak de chameau!
Par Yousouf Jhugroo
Mar 06, 2011
You have very rightly highlighted once more what most of us, except Minister Sik Yuen, know. Is this ignorance, incompetence or a sham, we don't know. It may well be a combination of the three. Meanwhile, consumers are condemned to pay for the high price of amateurism while the MInister is enjoying the comfort of and privileges.
Par jincy D'Olo
Mar 06, 2011
Any objective of the Minister(representing the general population) must be realistic, with a review mechanism,,and systems in place to correct in a timely manner any deviation from the goal.Looks simple ,but again its achievable with the correct attitude and willingness.Did I say a will to move forward,towards a Mauritius c'est un plaisir?Or is it too much asking.If the minister cannot handle this he better go any fix the price of dhol puree.
Par Bébé
Mar 06, 2011
Le ministre Sik Yuen rêve...L'observatoire des prix pour nous réunionnais est un échec L'observatoire ne fait ...qu'observer et comparer un caddy des grandes surfaces. Souvent la différence est très minime. Bonne chance , Monsieur le ministre!
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